La Revue du M.A.U.S.S.
(Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales*)

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      Depuis 1981, La Revue du M.A.U.S.S. s’est imposée comme une des toutes premières revues interdisciplinaires et un des lieux importants du débat public en France. Elle offre des perspectives inédites en sciences économiques, en anthropologie, en sociologie ou en philosophie politique.
       Aux antipodes de l’encyclopédisme, et grâce à la variété de son questionnement et de ses angles d’attaque, La Revue du M.A.U.S.S. procède à un bilan permanent et raisonné des sciences sociales.
       Parce qu’elle s’est toujours refusée à dissocier les discussions proprement scientifiques de leurs enjeux éthiques et politiques, La Revue du M.A.U.S.S. est à l’origine de nombreux débats de société aujourd’hui cruciaux.
     « Anti-utilitariste », elle critique l'économisme dans les sciences sociales et le rationalisme instrumental en philosophie morale et politique. Rendant hommage par son nom à Marcel Mauss, elle incite à penser le lien social sous l'angle des dons (agonistiques) qui unissent les sujets humains.
     Cette revue de recherche, de vulgarisation et de débats s’adresse à tous ceux qui s’intéressent à ce qui se produit à l’inte rsection des sciences sociales, du politique et de l’histoire, et plus spécialement aux universitaires, aux chercheurs et aux étudiants.
     Ces derniers consulteront avec profit la page À propos du MAUSS qui, outre une présentation de la démarche du MAUSS, comprend un texte résumant le paradigme du don et ses principaux enjeux.
     Le M.A.U.S.S. édite également, avec les éditions La Découverte & Syros une collection d’essais : La Bibliothèque du M.A.U.S.S., qui accueille désormais la série « Économie solidaire et démocratie ». Animée par le CRIDA (Centre de recherches et d'information sur la démocratie et l'autonomie, équipe de recherche du LSCI, laboratoire du CNRS LP31), cette série porte sur le fait associatif dans la perspective d'une économie et d'une démocratie plurielles.
   

     NOUVEAU ! La revue du MAUSS permanente propose un lieu de rencontres et d'échanges entre le monde universitaire et la société civile ainsi que trois nouvelles rubriques :
     • La Gazette du MAUSS : informations, débats, agenda,
     • Le Supplément du MAUSS : articles et working papers
     • Lectures : vaste recension d'ouvrages de sciences sociales et de philosophie politique récemment publiés.


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     Versions numériques (e-books) : Le MAUSS réédite une partie de son fonds sous forme numérique (fichiers PDF) avec paiement sécurisé via Paypal puis envoi par courriel d'un lien de téléchargement. Nos livres numériques permettent aux étudiants et chercheurs d'effectuer des recherches en texte intégral (sauf pour ceux achetés en "lecture seule" ou "read-only") dans une pagination conforme à celle de la version papier d'origine.
     La quasi-totalité des numéros de la Revue du MAUSS semestrielle publiés depuis 1998 (soit un peu plus de 13000 pages) est désormais disponible en numérique.
     (Re-)découvrez le n° 1, Ce que donner veut dire – Don et intérêt, publié en 1993 et poursuivez avec le n° 2, Cheminements politiques, publié la même année, puis avec le n° 3, Pour une autre économie (1994). Le n° 6, désormais réédité en numérique, s'interroge sur la véritable nature de l’utilitarisme.
      Parmi les numéros disponibles : le n° 29 (Avec
Karl Polanyi, 2007), le n° 14 (1999), Villes bonnes à vivre, villes invivables, et le n° 11 (Une seule solution, l'association ?,1998) de la Revue semestrielle, ainsi que Le Don, la dette et l'identité (Jacques T. Godbout, 2000), Association, démocratie et société civile (2001), et Lien social et intérêts matériels (CIRAD, 2005).
     Le n° 22 Qu'est-ce que le religieux ? Religion et politique (2003) pose les bases d'un débat toujours très actuel.

     Bibliothèque du MAUSS numérique : Avec son ouvrage Don, mana et salut religieux, Park Jung Ho inaugure la nouvelle Bibliothèque du MAUSS numérique, destinée à publier sous forme numérique, et donc à prix modique, les livres qu'elle juge mériter une publication et une diffusion classique, mais dont on peut craindre qu'une version papier ne trouve pas un public suffisant dans les conditions actuelles du marché de l'édition.

MAUSS, 3 avenue du Maine, 75015 Paris.
Tél. 01 42 84 17 03
Télécopie : 01 42 84 24 17

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*Pour en savoir plus sur l'esprit du MAUSS, voir À propos du MAUSS
For a general introduction in English to Marcel Mauss and his legacy, follow this link:     (updated 07/07)
• • • Comment sortir du néolibéralisme ? Le n° 43 de la Revue explore les pistes ouvertes par le convivialisme • • • Plus loin avec le MAUSS grâce à la RdM permanente et ses nouvelles rubriques sur www.journaldumauss.net • • •
  Vient de paraître

Du convivialisme comme volonté et comme espérance
 
R
evue du MAUSS semestrielle n° 43, 1er semestre 2014,
Version papier : 288 p., 25
euros
Version numérique (PDF) : 462 p., 15 euros Acheter maintenant*
(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7891-6

      En juin 2013 paraissait un petit livre intitulé Manifeste convivialiste. Déclaration d’interdépendance. Signé par 64 intellectuels français ou étrangers (rejoints par une cinquantaine d’autres), il a déjà été traduit, au moins sous sa forme abrégée, dans une dizaine de langues. Sa parution montre qu’il est possible de surmonter les clivages trop nombreux, qui condamnent à l’impuissance tous ceux qui s’opposent pratiquement ou/et intellectuellement au règne du capitalisme rentier et spéculatif.
      Qu’est-ce qui réunit ces auteurs d’inspirations idéologiques très variées ? Trois certitudes au moins : 1) qu’il y a urgence à mettre en avant et à expliciter tout ce qui unit plutôt que ce qui sépare ; 2) que nous ne pouvons plus espérer faire reposer l’adhésion à la démocratie sur de forts taux de croissance du PIB, devenus improbables ou délétères ; 3) que notre défi principal n’est pas tant d’imaginer des solutions techniques, économiques et écologiques à la crise, que d’élaborer une nouvelle pensée du politique au-delà du libéralisme, du socialisme, de l’anarchisme et du communisme. Il s’agit, en somme, de faire renaître l’espérance pour qu’elle puisse nourrir la volonté.

Avec des contributions de : C. Alphandéry, J. Baubérot, J. Beaumier, A. Bevort, S. Borel, A. Caillé, Ph. Chanial, T. Coutrot, A. Feenberg, F. Fistetti, A-M. Fixot, F. Flahault, J.-B. de Foucauld, F. Fourquet, P. Frémeaux, R. Gori, A. Hatchuel, M. Humbert, A. Insel, J.-L. Laville, Ch. Lazzeri, J. Lecomte, P.-H. Martins, G. Massiah, D. Méda, P.-O. Monteil, S. Pasquier, E. Pulcini, B. Perret, E. Sartori, P. Viveret.
et, en Libre Revue, des textes de : M. Anspach, F. Callegaro, J.-M. Le Bot, M. Magatti, L. Gherardi, N. Pinet.


Que donne la nature ?
L’écologie par le don
R
evue du MAUSS semestrielle n° 42, 2e semestre 2013,
Version papier : 256 p., 24
euros
Version numérique (PDF) : 456 p., 15 euros Acheter maintenant*
(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7754-4

      Toutes les cultures traditionnelles ont considéré les relations entre les hommes et les êtres de leur environnement naturel - animaux, plantes, montagnes, étoiles, esprits du lieu, génies, etc. - comme des relations de don et de contre-don : il fallait donner ou rendre à la nature pour qu'elle continue à se montrer féconde et généreuse. La caractéristique centrale de la culture moderne, concomitante à l'apparition du capitalisme, réside sans doute dans la rupture radicale avec cette conception : vue seulement comme un ensemble de réalités inertes, la nature a cessé d'être considérée comme partenaire possible d'une relation de don. Le déconstructionnisme nihiliste parachève ce travail de désenchantement du monde naturel en congédiant toute naturalité.
     On voit bien aujourd'hui les effets pervers d'une telle vision: elle a conduit à une surexploitation de la nature qui la laisse exsangue et nous amène au bord de la catastrophe énergétique et environnementale. Et elle menace d'ôter tout charme à l'existence des hommes, contraints de vivre dans un monde intégralement fait d'artefacts. N'est-il donc pas grand temps de renouer avec une conception donatiste du rapport entre les hommes et la nature, de considérer celle-ci comme un partenaire de don, envers lequel nous avons des obligations de réciprocité ?

Avec des contributions de : G. Azam, J. Caplat, Ph. Chanial, A. Feenberg, F. Flipo, F. Hallé, S. Latouche, F. Morin, J.-P. Pierron, J. Porcher, H. Raynal, J.-P. Rogues, B. Saladin d'Anglure, P. Servigne, F. Vatin.
et, en Libre Revue, des textes de : P. Alphandéry, S. Borel, P. Broda, A.-M. Fixot, F. Flahault, A. Fortier, M. Gervais, A. Karsenty, N. Merveille, M. Pannier, J.-P. Pierron, E. Sabourin.


Marchandiser les soins
nuit gravement à la santé
R
evue du MAUSS semestrielle n° 41, 1er semestre 2013,
Version papier : 256 p., 24
euros
Version numérique (PDF) : 442 p., 15 euros Acheter maintenant*
(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7496-3

      « La santé n’a pas de prix. » Mais elle a un coût. Pour autant, vouloir marchandiser et comptabiliser tous les soins, dans toutes leurs composantes, même les plus minimes, ne constitue-t-il pas une stratégie absurde ? Le triomphe de l’économisme et de la raison utilitaire ne nuit-il pas gravement à la santé ? Et, paradoxalement, ne se révèle-t-il pas au bout du compte inefficace, coûteux et antiéconomique ?
      Il est en effet difficile de comprendre le fonctionnement du système de santé avec le langage de l’économie standard et du new public management qui s’en inspire. Comme si le patient était naturellement un consommateur, un rusé maximisateur. Comme si, pour médecins et soignants, la recherche du gain constituait l’objectif principal et l’opportunisme l’unique métrique. Ne faut-il pas, au contraire, prendre au sérieux l’existence d’une éthique anti-utilitariste chez les soignants, au lieu de tenter de les transformer, par diverses récompenses financières, en chasseurs de primes ? Un jeu perdant-perdant.
       Il est grand temps de réfléchir à une politique de santé alternative, résolument anti-utilitariste, qui fasse, aussi, toute sa part au don et à la gratuité dans l’acte de soin.

Avec des contributions de : C.M. Anspach, Ph. Batifoulier, Dr. Blouses, D. Bourgeon, E. Caniard, Ph. Chanial, N. da Silva, J.-P. Domin, G. Gaglio, A. Grimadi, N. Heinich, Ch. Leonard, H. Marchal, M. Moïsseeff, M. Terestchenko.
et, en Libre Revue, des textes de : A. Caillé, P. Cary, L. de Briey, J.-P.-Dumond, J.-P. Dupuy, A. Helman, F. Jany-Catrice, D. Méda, E. Petit, C.S. Roy.


Sortir de (la) prison
Entre don, abandon et pardon
R
evue du MAUSS semestrielle n° 40, 2e semestre 2012,
Version papier : 288 p., 22
euros
Version numérique (PDF) : 390 p., 17 euros Acheter maintenant*
(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7496-3

      Les prisons françaises sont dans un état moral et physique dramatique. Et plus encore, peut-être, les plus neuves et les plus récentes, plus inhumaines s’il est posible que les plus anciennes. Loin de permettre aux délinquants de réparer leur délit en s’en distanciant et en se réparant eux-mêmes pour accéder, à la sortie, à une vie normale, elles renforcent la haine, l’inadaptation et les motivations à une délinquance accrue. La sortie de prison se révèle du coup particulièrement problématique. Comment l’aménager pour qu’elle ne conduise pas à l’effondrement et/ou à la récidive ? Qu’elle ne soit pas un accélérateur de la délinquance ?
      C’est la question que se posait un important colloque organisé à Caen en février 2012 dont on reprend ici certaines des contributions. Mais, au-delà même de la question des modalités souhaitables de la sortie de prison, il convient de se demander comment il serait possible de sortir du régime actuel de l’institution Prison, et de son monopole du châtiment légitime, si contre-productif et délétère. De sortir de la Prison, envisagée comme unique sanction et unique remède à la délinquance et au crime. C’est en mettant à profit l’éclairage du paradigme du don que l’on explore les possibilités d’une voie moyenne, qui ne laisse pas les populations carcérales à l’abandon mais leur ouvre la possibilité d’accéder à un pardon qui ne soit pas absolution mais don d’une potentialité de renouveau.
     Il n’y a sans doute pas de débat de société plus explosif et plus urgent que celui-ci aujourd’hui.

Avec des contributions de : Christiane de Beaurepaire, Jean-François Bert, Dominique Bodin, Simon Borel, Benjamin Boudou, Manuel Cervera-Marzal, Philippe Chanial, Alain Cugno, Jean-Marie Delarue, Anne-Marie Fixot, Michel Jouannot, Stephen Kalberg, Annie Kensey, Anne-Marie Klopp, Jean-Manuel Larralde, Christian Laval, Jacques Lecomte, Nicole Maestracci, Henri Raynal, Julien Rémy, Claudine Sagaert, Denis Salas, Gaëlle Sempé.


Jouer
Étude anthropologique à partir d'exemples sibériens
Roberte HAMAYON

370 p., 26 euros
ISBN 2-7071-6491-9

      Jouer, voilà une évidence bien embarrassante : la notion est unanimement reconnue universelle, applicable à l’animal comme à l’homme, mais rien ne définit ce qui est commun à toutes ses manifestations, de l’amusement enfantin à l’action théâtrale, de la compétition sportive à la spéculation boursière.
      Sur le terrain d’anthropologue de l’auteur (Mongolie, Sibérie), jouer a une place au plus haut niveau : les fêtes nationales s’appellent « Jeux », faisant écho à leur façon aux jeux du cirque de la Rome antique comme aux jeux Olympiques d’aujourd’hui. Ces Jeux, porteurs d’une identité et d’une éthique, se veulent aussi action sur l’avenir. Leur examen fournit l’occasion d’un parcours à travers les multiples dimensions du jouer. Partant de la lutte et de la danse, passant par l’apprentissage, l’interaction, l’émotion et la stratégie, ce parcours croise aussi bien la chance et la croyance que l’ambiguïté des rapports à la fiction et à la réalité. Il s’achève sur deux caractéristiques du jouer, sa marge et sa structure de métaphore.
      Restauré dans son unicité, jouer apparaît comme une modalité de l’action à part entière. Si « jouer n’est pas faire au sens courant » comme disait Johan Huizinga, n’est-ce pas faire autre chose, ailleurs, autrement ?

Roberte Hamayon anthropologue, est directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études, section des sciences religieuses. Elle a mené des recherches sur le terrain en Bouriatie et en Mongolie de 1967 à 1991. Ses principaux travaux concernent le chamanisme (La Chasse à l’âme. Esquisse d’une théorie du chamanisme sibérien, Société d’ethnologie, Nanterre, 1990).


Que donnent les femmes ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 39, 1er semestre 2012,
Version papier : 368 p., 27 euros
Version numérique (PDF) : 570 p., 27 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7383-6

      Après deux mille cinq cents ans de philosophie, deux ou trois cents ans de sciences sociales, plus d’un siècle de psychanalyse et quelques décennies de théories féministes puis de gender studies, peut-on encore espérer avancer dans la réflexion sur les rapports hommes-femmes? Tel est le pari de ce numéro qui interroge, du point de vue du don, leurs ambivalences, réversibilités et complexités.
     Qu’il s’agisse de donner la vie, de prodiguer des soins, de manifester leur sollicitude (care) envers les autres ou de faire don de leur beauté et de leurs charmes, les femmes n’ont en effet cessé d’être identifiées, sinon assignées au don. Pandora, première femme et première épouse pour les Grecs, n’était-elle pas ce cadeau des dieux fait aux hommes? Mère de tous les dons. Mais aussi de tous les maux…
     Pourquoi les dons des femmes sont-ils, paradoxalement, tout à la fois célébrés et déniés, comme si le don véritable ne pouvait qu’être masculin? Plus encore, l’idée même d’un don féminin a-t-elle un sens? Doit-on nécessairement la réduire soit à une prescription de Dame Nature, soit à une pure construction sociale et culturelle ? Comment, en définitive, penser un sujet féminin dans un autre rapport au don que celui qui l’aliène ?

Avec des contributions de : C. Basualdo, A. Caillé, Ph. Chanial, P. Cingolani, E. Conesa, C. Delphy, A.Ducloux, S. Duverger, D. Falcioni, J. Godbout, R. Hamayon, M. Kreutzer, A. Lemosof, B. Lolo, C. Malabou, S. Malsan, E. Pulcini, E. et J. Rémy, C. Renault, Ph. Rospabé, L. Scubla, B. Saladin d’Anglure, M. Schneider, I. Théry.
et, dans la version numérique, des textes de : M. Azcue, Ph. Chanial, A. Cossetta, J. Kristeva, L. Gherardi, G. Le Gaufey, M. Magatti, G. Vieille- Marchiset, S. Mouret, J. Tardif, A. Tatu- Colasseau, B. Viard.


Où est passée la critique sociale ?
Penser le global au croisement des savoirs
Philippe CORCUFF

320 p., 24 euros
ISBN 2-7071-7328-7

      D'altermondialisme en « printemps arabe », d'Indignados espagnols en Occupy Wall Street américains, de Wikileaks aux Anonymous, un vent critique refait surface à travers des mouvements sociaux vivaces. Au regard de cette nouvelle période, cet ouvrage fait l'hypothèse qu'un des enjeux principaux de la galaxie critique aujourd'hui consiste à réexaminer les « logiciels » de la critique et de l'émancipation.
      L'effort de clarification théorique proposé ici se situe au croisement de différents registres intellectuels et culturels : sociologie critique, philosophie politique, critiques sociales issues des mouvements sociaux et cultures ordinaires. Il suggère également de prendre appui sur certaines tensions dynamiques au sein des théories critiques contemporaines (Foucault, Bourdieu, Rancière). Ce livre vient ainsi dessiner une vision globale renouvelée du monde, à distance tant des charmes nostalgiques des lectures totalisatrices d'antan que de l'émiettement « postmoderne » du sens. Une approche globale des sociétés actuelles, adossée à des engagements anticapitalistes, libertaires et altermondialistes.

Philippe Corcuff est maître de conférences à l’Institut d'études politiques de Lyon et chercheur au Centre de recherches sur les liens sociaux (CERLIS, université Paris-Descartes/CNRS). Il est membre du conseil scientifique de l'association ATTAC France. Il a notamment publié La Société de verre. Pour une éthique de la fragilité (Armand Colin, 2002), Bourdieu autrement (Textuel 2003) et Les Nouvelles sociologies (Armand Colin, 2011, 3e éd.).


Émancipation, individuation, subjectivation
Psychanalyse, philosophie et science sociale (fin)
Revue du MAUSS semestrielle n° 38, 2e semestre 2011,
Version papier : 320 p., 24 euros
Version numérique (PDF) : 548 p., 24 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-7004-0

      Où il est montré (entre beaucoup d’autres choses) que non seulement la psychanalyse est en définitive aussi ou plus efficace que les psychothérapies concurrentes, mais que c’est à la psychanalyse que ces dernières doivent l’essentiel de ce qui marche chez elles. Ce constat purement empirique – qui remet en cause les condamnations positivistes trop rapides, qu’on croyait presque acquises, notamment à l’Inserm –, ne fournit toutefois en tant que tel aucune justification des théories analytiques, quelles que soient les multiples obédiences dont elles relèvent. La confrontation de la psychanalyse, de la philosophie politique et des sciences sociales reste donc plus nécessaire que jamais.
      On la mène ici, dans la foulée du précédent numéro, autour de la thématique de l’émancipation, qui figure l’idéal moderne par excellence, tant individuel que collectif. Comment l’entendre ? S’émanciper, est-ce ce devenir un individu ? Un sujet ? Un peuple souverain ? Et qu’est-ce à dire ? Quoi de plus libre, de plus émancipé, par exemple, que le sujet économique (et son apothéose, le trader), enfin affranchi de toute relation de don avec ses semblables, n’ayant d’obligation qu’envers lui-même et ses « préférences » du moment ? Est-ce là notre idéal ? Certainement pas !
      Il reste donc à expliciter quelle émancipation il nous est effectivement permis d’espérer ?

Avec des contributions de : A. Bidet, P. Cingolani, E. Conesa, P. Dardot, F. Delmotte, B. Fernandez, F. Flahault, F. Flipo, M. Foucault, F. Fourquet, R. Gori, A. Green, C. Laval, M. Macé, O. Mannoni, J.-C. Michéa, N. Poirier, P. Prades, L. Scubla, F. Vatin, B. Viard, A. Vitiello.
et, dans la version numérique, des textes de : J.-L. Donnet, F. Gauthier, C. Lazzeri, J. Spurk.
et, en Libre Revue, des textes de : E. Helmer, J. Humeau, A. Policar.


L’Urgence sociale en action
Ethnographie du Samusocial de Paris
Daniel CÉFAÏ, Édouard GARDELLA

576 p., 35 euros
ISBN 2-7071-6899-3

      Tous les hivers, à la venue du grand froid, l’attention du public se porte sur les personnes qui vivent et qui meurent à la rue. C’est tous les ans l’occasion de témoignages sur les « maraudes » qui les prennent en charge. Pourtant, le Samusocial de Paris est à l’œuvre toute l’année, jour et nuit.
      Ce livre en décrit les dispositifs d’intervention. Il suit le travail des équipes mobiles – un chauffeur, un infirmier et un travailleur social – qui sillonnent la capitale en camion et prodiguent attention, écoute et soin aux sans-abri. Il accompagne les activités de la plate-forme téléphonique du 115, de l’équipe psychiatrique, des accueils de jour, des centres d’hébergement d’urgence et des services de lits infirmiers. Jamais n’avaient été ainsi décrites les activités des métiers du domaine sanitaire et social. Cette « ethnographie morale » du don de care et de reconnaissance met en lumière les trésors de dévouement, de patience et de sollicitude dans les interactions entre professionnels et patients-usagers, mais aussi les tensions qui traversent cette relation d’assistance.
      Au-delà du travail proprement ethnographique, ce livre – appeléà devenir un classique de l’enquête de terrain – retrace la constitution du problème public de la « grande exclusion » au début des années 1990 et restitue les péripéties qui ont scandé la transformation de la question SDF, depuis la mobilisation des Enfants de Don Quichotte de 2006.

Daniel Cefaï est maître de conférences à l’université Paris-X-Nanterre et chercheur à l’institut Marcel-Mauss et au Sophiapol. Il a publié dans la même collection L’Enquête de terrain (La Découverte, 2003) et différents ouvrages collectifs sur Les Cultures politiques (PUF, 2001), Les Formes de l’action collective (avec Danny Trom, Éditions de l’EHESS, 2001), Les Sens du public (avec Dominique Pasquier, PUF, 2004) et L’Héritage du pragmatisme (avec Isaac Joseph, Éditions de l’Aube, 2002).
• Édouard Gardella, membre de la revue Tracés, est doctorant à l’Institut des scien-ces sociales du politique (École normale supérieure de Cachan) et à l’École des hautes études en sciences sociales.


Vivre avec les animaux
Une utopie pour le XXIe siècle
Jocelyne PORCHER
159 p., 15 euros
Version numérique (PDF) : 548 p., 24 euros Acheter maintenant*
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I
SBN 2-7071-6900-6

      Dans notre monde radicalement artificialisé, seuls les animaux, en nous rappelant ce qu'a été la nature, nous permettront peut-être de nous souvenir de notre propre humanité. Mais saurons-nous vivre avec eux ? Le voulons-nous encore ? Car l'abattage de masse des animaux, considérés comme simples éléments des « productions animales », leur inflige une terreur et une souffrance insoutenables, tout en désespérant les éleveurs. Et l'élevage, après 10 000 ans d'existence, est aujourd'hui souvent décrit comme une nuisance, pour l'environnement comme pour notre santé. Une condamnation reposant sur une confusion entre « élevage » et « production animale », dont il nous faut comprendre les enjeux.
      Qu'est-ce que l'élevage ? Quelles différences entre « élevage » et « productions animales » ? Quelle est la place de la mort dans le travail avec les animaux ? Peut-on améliorer leur sort dans les systèmes industriels ? Faut-il « libérer les animaux » comme le proposent certains philosophes ? En répondant ici à ces questions, Jocelyne Porcher explique en quoi la capacité des hommes à coexister pacifiquement dépend de leur capacité à vivre en paix et dignement avec les animaux. Et pourquoi, dès lors, sauver l'élevage en évitant son assujettissement au système d'exploitation et de mise à mort industrielle pourrait être une des plus belles utopies du XXIe siècle.

• Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l’Institut national de la recherche agro-nomique (INRA). Ses recherches iconoclastes sur la relation de travail entre humains et animaux ont fait date. Elle est notamment l’auteur de Éleveurs et animaux, réinventer le lien (PUF, 2002), Bien-être animal et travail en élevage (Educagri/INRA, 2004), Cochons d’or. L’industrie porcine en questions (Quae, 2010).


La sociologie comme philosophie politique
et réciproquement
Philippe CHANIAL

304 p., 24 euros
Version numérique (PDF) : 548 p., 24 euros Acheter maintenant*
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ISBN 2-7071-6949-5

      Et si la sociologie, bien comprise, n’était rien d’autre qu’une philosophie morale et politique avec des allures de science ? Une telle proposition, qui constitue la trame de cet ouvrage, autorise des perplexités bien légitimes. La sociologie n’a-t-elle pas en effet gagné ses galons en rompant avec les spéculations abstraites des « philosophies sociales » ? Et, à l’inverse, la philosophie morale et politique n’a-t-elle pas pris sa revanche en s’émancipant de ces sciences sociales qui avaient exercé sur elle une telle emprise depuis les années 1950 ? Pour autant, n’avons-nous d’autre choix qu’entre une sociologie spécialisée et éclatée, vouée au culte du « terrain », et une philosophie morale et politique désincarnée, célébrant les vertus d’une conception purement formelle de la justice et de la démocratie ?
      Depuis quelques années, les théories contemporaines de la reconnaissance, du care et du don, le renouveau de l’École de Francfort et la redécouverte du pragmatisme, en redonnant toute leur place aux sentiments sociaux et à la relation humaine, ont fortement contribuéà redessiner les frontières et nous invitent aujourd’hui à une nouvelle alliance. Dans leur sillage, ce livre plaide pour un « enveloppement réciproque » (Merleau-Ponty) entre philosophie et sociologie, qui puisse redonner sa vitalitéà l’ambition d’une science sociale générale, réconciliant respect des faits et souci des fins. Il vient rappeler que la sociologie « ne mériterait pas une heure de peine » (Durkheim) si elle ne renouait pas avec l’orientation normative de ses pères fondateurs et s’interdisait de contribuer au questionnement de la société sur elle-même.

Philippe Chanial est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris-Dauphine, chercheur à l’Institut de Recherche en Science Sociales (IRISSO-CNRS) et secrétaire de rédaction de la Revue du MAUSS. Au croisement de la philosophie et des sciences sociales, il a notamment publié Justice, don et association (La Découverte, 2001) et La délicate essence du socialisme (Le Bord de l’Eau, 2009) et dirigé La société vue du don (La Découverte, 2008).


Psychanalyse, philosophie et science sociale
Revue du MAUSS semestrielle n° 37, 1er semestre 2011,
Version papier : 320 p., 23 euros
Version numérique (PDF) : 526 p., 23 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-6891-7

      Freud, génie, imposteur, messie laïc ? Loin de ces débats, la vraie question est de savoir quel est le statut de l'anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie des psychanalystes ? Car, de Totem et Tabou à Malaise dans la culture, pour en rester à Freud, il y a bien – ou il y a bien eu – une sociologie, une anthropologie et une philosophie analytiques. Comment expliquer qu'elles entretiennent si peu de rapports avec celles des sociologues, anthropologues et philosophes professionnels ? Que ces derniers ne s'intéressent plus guère à elles et, réciproquement, que les analystes ne se soucient plus d'eux ?
      Une telle ignorance mutuelle, fortement dommageable à tous, est le point de départ du décryptage proposé dans ce numéro : outre l'évident narcissisme disciplinaire de la petite différence, les causes sont sans doute à rechercher du côté du déclin général de l'idéal du savoir, lié à celui de l'idéal démocratique. Quant aux remèdes, ne s'agit-il pas de chercher un terrain commun du côté du paradigme du don initié par Marcel Mauss, avant ses dévoiements, somptueux il est vrai, par Lévi-Strauss ou Bataille ? Et de réfléchir aux liens entre don, symbole, jeu, reconnaissance et objet transitionnel ?

Avec des contributions de : M. Anspach, P.-L. Assoun, A. Caillé, P. Cingolani, B. Eyraud, F. Flahault, A. Green, S. Latouche, O. Mannoni, C. Pagès, G. Pommier, L. Scubla, F. Vatin, L. Velpry.
et, dans la version numérique, des textes de : P. Absi, C. Basualdo, R. J. Cardoso de Oliveira, J.-P. Courtial, C. Deschamps, J.-L. Donnet, O. Douville, S. Habert, D. Le Breton.
et, en Libre Revue, des textes de : A. Bevort, P. Colonna d’Istria, J. Stuart Mill, M. Terestchenko.


De la convivialité
Dialogues sur la société conviviale à venir
Alain CAILLÉ, Marc HUMBERT, Serge LATOUCHE, Patrick VIVERET

196 p., 14,50 euros
ISBN 978-2-7071-6714-9

    Tout le monde sent bien, sait bien que nos sociétés ne pourront pas continuer longtemps sur leur lancée actuelle, en ravageant toujours plus la nature, en laissant exploser les inégalités, en lâchant la bride à une finance folle qui dévaste et corrompt tout. Mais quelle alternative imaginer ? Les idéologies politiques héritées ne semblent plus être à la hauteur des défis de l'époque. C'est dans ce contexte qu'il convient d'examiner ce qui est susceptible de réunir certains des courants de pensée les plus novateurs de ces dernières années : décroissance, recherche de nouveaux indicateurs de richesse, anti-utilitarisme et paradigme du don, plaidoyer pour la sobriété volontaire, etc.
    Confrontant ici leurs points de vue, en cherchant davantage ce qu'ils ont en commun que ce qui les oppose, certains des animateurs les plus connus de ces courants constatent que l'essentiel, dans le sillage de certaines analyses d'Ivan Illich, est de jeter les bases d'une société conviviale : une société où l'on où l'on puisse vivre ensemble et « s'opposer sans se massacrer » (Marcel Mauss), même avec une croissance économique faible ou nulle.

Alain Caillé est professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest La Défense, fondateur et directeur de La Revue du M.A.U.S.S.
Marc Humbert , collaborateur de La Revue du M.A.U.S.S, est l’un des animateurs de Pékéa, ONG consultative auprès des Nations unies.
Serge Latouche, un des animateurs de La Revue du M.A.U.S.S., économiste et philosophe, professeur émérite à l’université de Paris-XI (Sceaux) est objecteur de croissance.
Patrick Viveret, philosophe et politologue, est un ancien conseiller à la Cour des comptes.


Marcel Mauss vivant
Revue du MAUSS semestrielle n° 36, 2e semestre 2010,
Version papier : 398 p., 29 euros
Version numérique (PDF) : 598 p., 29 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-6655-5

      La réception courante de l’œuvre de Marcel Mauss – principal héritier scientifique d’Émile Durkheim –, le plus souvent limitée à sa seule dimension ethnologique, en sous-estime considérablement l’importance. Négligeant son engagement politique (aux côtés de Jaurès puis de Blum, dans la perspective d’un socialisme associationniste), elle ne voit pas non plus son extraordinaire pertinence pour la sociologie générale et pour la philosophie sociale et politique. En un mot, Mauss aurait été un précurseur éclipsé par l’éclat de ses disciples ou héritiers, savants (Lévi-Strauss), littéraires avant-gardistes (Bataille), voire psychanalytiques (Lacan), ou réfuté par ses critiques philosophiques (Derrida). Voilà pourquoi il reste en grande part un « inconnu illustrissime ».
       À rebours de ces lectures paresseuses, qui manquent l’essentiel, on lira dans ce numéro spécial les contributions d’une quarantaine d’auteurs du monde entier, réunis à Cerisy-la-Salle en juin 2009 par la même certitude de la parfaite actualité de Mauss aujourd’hui dans leurs domaines respectifs. Loin d’une commémoration savante et embaumante, elles montrent comment la pensée de Mauss rivalise avec les plus grandes, en sociologie ou en philosophie, et permet de jeter une lumière éclairante, comparable à aucune autre, sur les aspects les plus divers du monde contemporain.

Avec des contributions de : C. Alès, N. Allen, G. Berthoud, D. Bourgeon, A. Caillé, Ph. Chanial, A.-M. Fixot, M. Fournier, F. Gauthier, J. Godbout, D. Graeber, R. Hamayon, K. Hart, M. Hénaff, R. Hyland, B. Karsenti, J.-L. Laville, D. Le Breton, P.-H. Martins, G. Pommier, E. Pulcini, I. Silber,, C. Tarot, R. Verdier, Th. Wendling.
et, dans la version numérique, des textes de : N. Alter, C. Basualdo, J.-F. Bert, S. Chevalier, A. Gofman, J. Guyer, W. James, N. Kasuga, H. Kwon, R. Oliven, J. Pierre, R. Sansi, K. Sykes.


La gratuité
Éloge de l’inestimable
Revue du MAUSS semestrielle n° 35, 1er semestre 2010,
Version papier : 352 p., 24 euros
Version numérique (PDF) : 675 p., 24 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-6448-3

      Au carrefour de toutes les problématiques – économiques, sociales, éthiques ou politiques – réside la question de la gratuité : quelle part de gratuité subsiste, doit ou peut subsister dans les affaires humaines ? Jusque dans les années 1970-1980, l’idéal progressiste était simple : accroître simultanément le revenu monétaire par tête et la part des gratuités collectives assurées par l’État. Mais le discours sur la gratuité apparaît aujourd’hui singulièrement brouillé, éclaté en trois séries de propositions largement contradictoires : les dons gratuits de la nature s’épuisent ; tout doit désormais avoir un prix, réel ou virtuel ; grâce à Internet, demain tout sera gratuit et fait gratuitement.
     Ces contradictions doivent nous inciter à y regarder de plus près, en nous rappelant que ce n’est pas pour rien que toute l’histoire du christianisme a été ponctuée de conflits sanglants dont l’enjeu central était celui des rapports entre la grâce, le gracieux, le charme, le charisme et la gratuité. D’où il ressort que rien n’est plus précieux que la gratuité. Mais dans quelle mesure peut-elle être gratuite ?
     « Tout le prix de la vie vient des choses sans prix. Dans la sphère de l’acte gratuit, du don, de ce qu’il possède et de ce qu’il est, l’homme atteint à ce qui constitue sa plus incontestable dignité. »
     François Perroux.

Avec des contributions de : N. Alter, D. Bourgeon, L. Bruni, A. Caillé, Ph. Chanial, D. de Callataÿ, P. Dardot, C. Gayet-Viaud, J. T. Godbout, A. Goldenberg, F. Gollain, J.-M. Harribey, M. Hénaff, P. Lardellier, Ch. Laval, M. Lechner, J.-C. Michéa, M. Pasquinelli, G. Pommier, S. Proulx, J.-L. Sagot-Duvauroux, A. Sauge, S. Zamagni.
et, dans la version numérique, des textes de : E. Autant, C. Basualdo, O. Bobineau, J. Dewitte, F. Di Marzio, O. Favereau, A.-M. Fixot, V. Gateau, B. Grassineau, FSU-Culture, L. Pihel, E. Pilote, F. Porcher, J. Porcher, G. Renou, Ph. Steiner, T. Schmitt, F. Vatin.


La manifestation de soi
Élements d’une critique philosophique de l’utilitarisme
Jacques DEWITTE

296 p., 25 euros
ISBN 978-2-7071-6446-9

    Pourquoi les oiseaux chantent-ils, le paon se pavane-t-il ? Pourquoi le lion ou le tigre ont-ils une livrée aussi somptueuse ? Mais aussi : pourquoi édifie-t-on des monuments sur les places publiques de nos villes ? Pourquoi les hommes ressentaient-ils jadis le besoin de s'exhiber en uniformes rutilants sur les champs de bataille ? Pourquoi les objets d'usage courant ont-ils le plus souvent été ornementés ? Bref, pourquoi cet étalage de formes ? À ces questions, on répond le plus souvent par diverses explications utilitaires et fonctionnelles : la vie animale comme la vie humaine serait régie en dernière instance par l'exigence de la survie et de la conservation.
    Or, un examen sans préjugés montre que le principe d'utilité n'a qu'une validité limitée. Pour des fins purement utilitaires, des moyens réduits auraient largement suffi. Il est donc nécessaire, par fidélité au réel, d'élaborer un horizon élargi où ces laissés-pour-compte éclatants puissent devenir intelligibles sans cesser d'être partiellement énigmatiques. En effet, n'y a-t-il pas, non seulement chez l'homme, mais dans la vie animale et végétale, une tendance à manifester ce que l'on est, à paraître au lieu de simplement être ? Comme si l'être simple se redoublait dans un paraître sans fonction immédiate. La réflexion menée dans cet ouvrage sur la merveille de l'apparaître n'est pas sans analogie profonde avec celle qui se rapporte au cycle du donner-recevoir-rendre. Car l'une comme l'autre montrent, en termes philosophiques, qu'il y a une contingence des formes sociales comme des formes naturelles, qui excède tout principe de nécessité et d'utilité. Même si on peut s'apercevoir ensuite qu'il existe quelque chose comme une utilité de l'inutile.

Jacques Dewitte né en 1946, philosophe d’inspiration phénoménologique, a publié, chez Michalon, Le Pouvoir de la langue et la liberté de l’esprit (2007) et L’Exception européenne (2008). Il a développé depuis une vingtaine d’année une réflexion sur la manifestation de soi – nourrie de sa lecture d’auteurs tels que Adolf Portmann, Hans Sedlmayr, Wladimir Weidlé, Johan Huizinga, Marcel Mauss, Henri Raynal et Maurice Merleau-Ponty – qui a paru principalement dans la Revue du MAUSS.


Les valeurs, les idées et les intérêts
Introduction à la sociologie de Max Weber
Stephen KALBERG
Préface de Alain Caillé et Philippe Chanial

276 p., 18 euros
ISBN 978-2-7071-5724-9

    Connaît-on vraiment Max Weber, universellement considéré comme le sociologue par excellence ? Pas si sûr. En France, les traductions de son œuvre, parfois discutables, se succèdent sans grande cohérence ni continuité, chez des éditeurs dispersés et chaque école se dispute son héritage, si bien qu’on trouve sur le marché des Weber individualiste méthodologique ou holiste, libéral ou antilibéral, néomarxiste ou anti-marxiste etc. Statufié, canonisé, enfermé dans le seul débat académique sur le rapport entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Weber n’apparaît plus guère vivant et actuel.
    À rebours de ces lectures unilatérales, ce livre dégage de manière synthétique les règles de la méthode sociologique wébérienne et montre comment celle-ci atteste de la force des idées et des valeurs dans l’Histoire et la vie sociale (versant « idéaliste »), pour autant qu’elles sont portées par des groupes sociaux en conflit qui poursuivent, chacun, un type d’intérêt particulier (versant « matérialiste »). Il démontre, ainsi, la puissance et l’actualité de cette démarche appliquée à l’étude des sociétés contemporaines.
    Une introduction en profondeur, simple et accessible, à la sociologie de Max Weber, par Stephen Kalberg, reconnu comme son meilleur connaisseur actuel.

Stephen Kalberg professeur de sociologie à l’université de Boston (États-Unis), auteur de la nouvelle traduction américaine commentée de L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme et de nombreux recueils de textes de ou sur Max Weber, a consacré toute sa carrière universitaire à faire connaître et comprendre La Sociologie historique comparative de Max Weber, titre de son livre déjà publié en français dans la même collection.


Don, mana et salut religieux
Durkheim, Mauss, Weber
PARK JUNG HO

Collection « Bibliothèque du MAUSS numérique » (fichier PDF) : 260 p., 10 euros Acheter maintenant*
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ISBN 2-914819-08-0

      La raison première du piétinement de la sociologie des religions (si ce n’est pas de la sociologie tout court), est sans doute que ses deux principaux auteurs de référence, Durkheim et Weber, ont adopté des stratégies théoriques totalement différentes – l’un cherchant l’origine et l’essence du religieux sans se donner les moyens de penser ses transformations historiques, l’autre analysant son infinie variabilité sans se soucier de préciser en quoi il consiste – entre lesquelles on ne perçoit guère les liens. Ou encore, Durkheim s’est intéressé à la religion première, Weber aux grandes religions analysées comme des religions de salut. Quoi de commun entre elles ? Le don, répond Park Jung Ho. Religions premières et religions de salut représentent deux régimes différents du donner-recevoir-rendre, l’un largement immanent, l’autre transcendantalisé.
     Et c’est là que Mauss entre en lice comme médiateur possible, et en fait indispensable entre Durkheim et Weber. Dans le monde archaïque, montrait-il, c’est un déséquilibre survenu dans la circulation du mana qui produit les états néfastes. À charge pour le magicien d’y remédier. Avec l’apparition des grandes religions de salut, c’est à un intermédiaire religieux professionnel doté de charisme du fait de ses relations privilégiées avec une instance dispensatrice de mana transcendante, à gestionnaire de la grâce (cet équivalent sotériologique du hau) qu’il appartiendra de répondre à la survenue du malheur en rétablissant les perspectives et les moyens du salut.
     En suivant ce fil, Park Jung Ho nous donne la clé de l’articulation entre les deux grandes modalités du religieux, entre Durkheim et Weber. Elle permet de reformuler la typologie wébérienne en distinguant, selon leur rapport à la source du mana transcendant, quatre grands types de personnages religieux propres aux religions de salut : 1°) le mystique hors du monde centré sur son propre salut ; 2°) le mystique hors du monde tourné vers autrui ; 3°) l’ascète hors du monde, qui coupe toute relation avec les hommes ; 4°) l’ascète intramondain, qui valorise religieusement le don conditionnel et dont le calviniste est le prototype.
     N’est-ce pas dans le sillage de cette maussisation de Durkheim et de Weber que la sociologie des religions a des chances de trouver son salut ?.

Park Jung Ho, docteur en sociologie de l'université Paris Ouest La Défense-Nanterre, est chercheur à l'Institut des sciences sociales de l'université Sogang (Corée du Sud). Ses recherches portent sur la sociologie de la religion et de la culture.


Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ?
 
Revue du MAUSS semestrielle n° 34, 2e semestre 2009,
Version papier : 336 p., 23 euros
Version numérique (PDF) : 504 p., 23 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-5875-8

      Que peut-on et doit-on conserver de Marx ? Se poser cette question, c’est se demander ce qu’il nous est (encore) permis d’espérer. Si Marx a eu l’importance historique que l’on sait, c’est parce qu’il est celui qui a su lier l’aspiration au savoir absolu à l’émancipation universelle. Mais au prix de contradictions et d’impasses qu’il nous importe de surmonter. Marx, penseur par excellence de la contradiction, a été lui-même le penseur le plus contradictoire qui soit. On peut en effet tout aussi légitimement le percevoir comme le plus empreint d’économisme ou le plus anti-économiciste, le plus utilitariste ou le plus anti-utilitariste, le plus humaniste ou le plus antihumaniste, le plus libertaire et le plus autoritaire. Et surtout, à la fois le plus nihiliste et le plus optimiste.
      Ce qu’il nous reste à déterminer, c’est le bon équilibre entre ces termes opposés. Et ce n’est pas chez les héritiers proclamés de Marx qu’on le trouvera, mais chez ceux qui s’en sont inspirés, pour le prolonger en le critiquant : Hannah Arendt, Cornelius Castoriadis, André Gorz, Karl Polanyi et d’autres. Et, surtout, Marcel Mauss, de tous, curieusement, le plus proche de l’inspiration marxienne et qui apporte les réponses les plus profondes aux questions centrales soulevées par Marx.

Avec des contributions de : G. Azam, G. Berthoud, O. Bobineau, A. Caillé, M. Cangiani, Ph. Chanial, S. Dzimira, F. Flahault, F. Fourquet, F. Gollain, A. Jappe, P. Jorion, S. Latouche, Ch. Laval, Ch. Lazzeri, M. Kail, B. Malon, N. Poirier, R. Sobel, J. Spurk, P. Tudoret.
et, dans la version numérique, des textes de : V. Descombes, F. Flipo, E. Fournière, B. Frère, J-M. Harribey, M. Ouellet, J-L. Prat, C. Rosselli.


Théories du multiculturalisme
un parcours entre philosophie et sciences sociales
Francesco FISTETTI

228 p., 20 euros
ISBN 978-2-7071-5854-3

    Le temps est révolu où l’on pouvait croire que la démocratie ne peut se réaliser que dans le cadre d’un État-nation, superposant sur un territoire, un peuple, une langue, une culture et une religion, transcendante ou séculière. La tâche prioritaire est désormais de penser les modalités plausibles de la coexistence au sein d’un même État et entre États de traditions culturelles diverses, traversant les frontières politiques.
    Sur ce point décisif, le débat reste en France piégé par l’opposition rituelle entre républicanisme et communautarisme. D’où l’importance de ce livre du philosophe Francesco Fistetti, qui élargit considérablement la réflexion en exposant ce qui s’argumente ailleurs sur ce thème, à travers les Cultural Studies, Subaltern Studies, Postcolonial Studies et autres travaux mal connus en France. L’auteur en offre ici, entre philosophie et sciences sociales, une synthèse rigoureuse et pédagogique. Il montre comment cette aventure intellectuelle radicale peut frayer la voie à une redéfinition originale des notions d’identité, de culture, de nation ou de citoyenneté et, par là, à une intelligence renouvelée de la démocratie elle-même.
    Dans le sillage de ces courants, mais aussi des travaux de Gramsci et de Arendt, la condition multiculturelle bien comprise prend alors un tout autre visage : celui d’une forme de vivre-ensemble où la différence culturelle et le conflit, loin d’être la cause de confrontations violentes, viendraient alimenter une spirale vertueuse, fondée sur la liberté de se « donner » et de se reconnaître mutuellement. Bref, une démocratie résolument multiculturelle, mais débarrassée de tout irénisme.

Francesco Fistetti est professeur de philosophie contemporaine à l’Université de Bari, en Italie. Directeur de la revue Post filosophie, il a publié de nombreux travaux sur Marx, Nietzsche, Heidegger et Arendt ainsi que divers articles sur le multiculturalisme et les théories de la reconnaissance dans La Revue du MAUSS. Parmi ses ouvrages récents : Communità (2003), La crisi del marxismo in Italia (2006), Hannah Arendt : filosopfia e totalitarismo (2007).


L’Université en crise
Mort ou résurrection ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 33, 1er semestre 2009,
Version papier : 384 p., 25 euros
Version numérique (PDF) : 490 p., 25 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-5807-9

      Faudrait-il en finir avec l’Université pour être résolument « moderne » ?
      N’est-ce pas cette mort programmée qui est au coeur des textes ministériels de 2007-2008 et de la mobilisation, d’une rare obstination, qu’ils ont provoquée chez les universitaires et chercheurs ? Certes, l’Université doit être réformée. Tout particulièrement en France où elle est le parent plus que pauvre, misérable, des « grandes écoles ».
      La réforme LRU, avec son exhortation à l’autonomie a pu, un temps, séduire. Mais elle se traduit en fait par une diminution des moyens et par un contrôle renforcé sur les enseignants-chercheurs. Accélérant la fragmentation générale des connaissances, transformées en supposés savoirs experts, évaluées par une expertise automatisée, ce vent de «réformes» mène à un abandon peut-être irréversible de l’idéal humaniste et démocratique du savoir.
      Devons-nous défendre l’institution et les « corps », réputés synonymes de lourdeur ? Notre réponse, progressiste, est oui : ils sont les conditions de la liberté de penser et de la fécondité scientifique, et donc de la vitalité de nos sociétés. Encore faut-il que les propositions de réforme viennent d’abord de la communauté universitaire elle-même. Ce à quoi ce numéro – qui réunit des textes venus de bords bien différents – voudrait contribuer. À la réinvention d’une démocratie universitaire.

Avec des contributions de : S. Audier, O. Beaud, M. Berry, C. Bessy, M. Blay, L. Bourgeois, A. Caillé, G. Chamayou, J.-L. Chassaing, V. Descombes, O. Favereau, F. Flipo, B. de Fontenelle, J. Galbraith, S. Garcia, G. Hodgson, A. Insel, P. D’Iribarne, A. Le Goff, L. Larqué, B. Latour, Y. Lichtenberger, G. Longo, H. Mintzberg, C. Musselin, C. Paradeise, T. Piketty, F. Vatin, A. Vinokur, H. Yakusiin.
et, dans la version numérique, des textes de : A. Bialakowski, M. Freitag, K. Jaspers, C. Laval, P. Michon, J.-P. Russier.


Théorie anti-utilitariste de l’action
Fragments d’une sociologie générale
Alain CAILLÉ

192 p., 19 euros
ISBN 978-2-7071-5748-5

    Qu’est-ce qui pousse les sujets sociaux à agir ? Les mobiles de nos actes sont innombrables et la littérature entière, tout l’art, tous les films ne suffiraient pas à les décrire. Les sciences sociales ou la philosophie ont besoin quant à elles de se donner des repères leur permettant de saisir les ressorts essentiels de l’action. Et ici, on touche vite aux débats centraux de ces disciplines. L’opinion, largement dominante, y est que l’action des hommes s’explique nécessairement et exclusivement par l’intérêt, qu’il soit d’ordre économique, sexuel, de conservation, de pouvoir ou de prestige.
     Comme le montre Alain Caillé dans ce livre, une théorie anti­utilitariste de l’action, au contraire, s’attache à montrer que ce réductionnisme est intenable. Il laisse en définitive échapper l’essentiel de ce qui importe aux humains, car c’est précisément en s’affranchissant du cercle étroit des intérêts, sans pourtant les dénier, qu’ils deviennent des sujets. Et c’est parce qu’ils aspirent plus à être reconnus qu’à accumuler que les hommes ne sont pas réductibles à la figure de l’Homo oeconomicus. Ce qui est vrai des sujets sociaux individualisés l’est tout autant des sociétés, ces quasi-sujets collectifs structurés et rendus visibles et pensables par l’opération conjointe du politique et du religieux, dont l’auteur propose ici une conceptualisation systématique.
      Dès lors, une théorie anti-utilitariste de l’action doit constituer la pièce maîtresse, la matrice de toute sociologie générale qui entreprenne de rompre avec les approches économicistes, si dominantes aujourd’hui, de l’Histoire et de la vie en société.

Alain Caillé, professeur de sociologie à l’université Paris-Ouest-La Défense où il codirige le SOPHIAPOL (Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques), est le fondateur et directeur de La Revue du M.A.U.S.S. (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont, à La Découverte, La Quête de reconnaissance. Nouveau phénomène social total (2006), ou encore Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Poches, 2007).


Donner et prendre
La coopération en entreprise
Norbert ALTER

232 p., 20 euros
ISBN 978-2-7071-5752-2

    Ce livre aborde la principale énigme du monde du travail : la coopération. Elle est nécessaire au bon fonctionnement des entreprises, mais ne repose que sur la « bonne volonté » des opérateurs. La coopération ne s'explique en effet ni par l'intérêt économique, ni par la contrainte des procédures, ni par les normes de métier. Elle repose largement, au bout du compte, sur la seule volonté de donner : on donne aux autres parce que donner permet d'échanger et donc d'exister en entreprise.
     Coopérer suppose en effet de créer des liens sociaux, par l'intermédiaire desquels circulent des biens, des informations, des services, des symboles, des rites ou des émotions, comme circulaient les dons dans les sociétés « primitives ». Mais, hier comme aujourd’hui, ces échanges ne peuvent être réduits à une série de comportements altruistes et pacifiques : donner représente également le moyen d'obliger, d'obtenir, de trahir ou de prendre. Et ce« commerce » se réalise au nom d'un tiers, qu'il se nomme métier, mission, projet, réseau ou entreprise. Celle-ci tire donc parti de cette ingéniosité collective qui se donne à elle, permettant le changement et le mouvement. Pour autant, loin de reconnaître ces générosités, elle dénie l'existence du don et privilégie les modes de gestion « modernes », qui préfèrent que salariés et employeurs soient quittes, plutôt que mutuellement endettés.
     Norbert Alter aboutit ainsi à la mise en évidence d'un phénomène paradoxal, qui prend à rebours les discours du management ordinaire : le problème des organisations ne consiste pas à « mobiliser les salariés », mais à tirer parti de leur volonté de donner.

Norbert Alter est professeur à l'université Paris-Dauphine. Spécialiste de la sociologie du monde du travail, il est l'auteur de nombreux livres, dont L'Innovation ordinaire (PUF, 2000). Il a travaillé durant douze ans dans une grande entreprise avant de rejoindre l'université.


L’Amour des autres
Care, compassion et humanitarisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 32, 2e semestre 2008,
Version papier : 348 p., 24 euros
Version numérique (PDF) : 626 p., 24 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5643-3

      L’amour des autres est irréductible à l’amour de soi ou à l’amour-propre… c’est ce que le précédent numéro de La Revue du MAUSS a clairement établi. L’amour des autres a sa réalité et sa consistance propres. Mais de quels autres s’agit-il ? Aimer les siens, ses proches, n’est pas trop difficile ni trop distinct, en somme, de l’amour de soi. Mais peut-on aimer – et de quel type d’amour – les étrangers, les réprouvés, les malheureux qu’on ne connaît pas ? Les autres « autres » ?
      Ou encore : peut-on donner sans attente ni espoir de retour, « donner quelque chose contre rien », d’une façon radicalement asymétrique, hors de toute réciprocité ? Et quel est alors le statut de ce don ? De la charité, de la pitié, de la compassion ? Vieilles questions, inlassablement reprises par toutes les religions et les morales.
      Qu’on regarde ici du point de vue de la philosophie, des sciences sociales et de la psychanalyse, avec une attention toute particulière portée au débat sur le care (la sollicitude) qui, avec la question de la reconnaissance – et en liaison étroite avec les gender studies –, occupe aujourd’hui de plus en plus de place sur la scène philosophique et sociologique. Pour se demander, enfin, si l’amour des autres peut être une politique.

Avec des contributions de : P. Audi, F. Buyse, A. Caillé, Ph. Chanial, C. Dessinges, D. Girardot, J. T. Godbout, A. Gouldner, J.–M. Guyau, J.-Ph. Heurtin, Ch. Lasch, A. Le Goff, P. H. Martins, A. Nygren, P. Paperman, G. Pommier, A. Sarentchoff, M. Terestchenko, J. Tronto.
et hors dossier de : S. Latouche, C. Tarot, F. Vatin.
et, dans la version numérique, des textes de : C. Basualdo, S. Bornhausen, F. Fistetti, F. Gauthier, Y. Le Hénaff et alii, M. Petitclerc.


L’homme est-il un animal sympathique ?
Le contr'Hobbes
Revue du MAUSS semestrielle n° 31, 1er semestre 2008,
Version papier : 334 p., 22 euros
Version numérique (PDF) : 636 p., 22 euros
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ISBN 2-7071-5491-0

     Tout semble aujourd’hui donner raison à Hobbes : l’homme n’est-il pas effectivement un loup pour l’homme et rien d’autre ? Le pouvoir et l’intérêt ne sont-ils pas les seuls mobiles de toute action ?
      Est-ce si sûr pourtant ? Prisonniers de l’axiomatique de l’intérêt qui a dominé la pensée occidentale depuis au moins trois siècles, nous avons oublié la force du courant qui s'y est constamment opposé : le « contr'Hobbes ». Son concept le plus central et le plus fécond est celui de sympathie, qui a structuré les Lumières écossaises, de Shaftesbury à Hume et à Smith. La sympathie, cette capacité de l’homme à se réjouir comme ses semblables de leurs joies ou à souffrir avec eux de leurs peines. Dans le prolongement de cette découverte philosophique essentielle, la sociologie, la psychologie, mais aussi l'économie, la biologie et l'éthologie n’ont cessé d’approfondir cette question. Ce numéro donne à voir l’ancienneté et l’étonnante actualité de cette tradition « sympathique », mais aussi son ambivalence, voire son étrangeté.
     Car la sympathie a ses faces d’ombre. Et si l’homme est un animal sympathique, c’est pour le meilleur... et pour le pire.

Avec des contributions de : M. Anspach, S. Bowles, A. Caillé, Ph. Chanial, J. Dewitte, F. Flahault, E. Fournière, H. Gintis, J.T. Godbout, J.-M. Guyau, Ch. Lazzeri, H. Raynal.
et hors dossier de : F. Gollain, Ch. Laval, J.-C. Michéa.
et dans la version numérique, des textes de : R. Anspach, D. Bourgeon, S. Chastang, J.-P. Dupuy, B. Kestemont, M.-L. Leroy, E. Magnani, V. Nurock, E. Pulcini, A. Tonnet.


La société vue du don
Manuel de sociologie anti-utilitariste appliquée
Philippe CHANIAL (sous la dir. de)

576 p., 30 euros
ISBN 978-2-7071-5456-9

    Le don fait-il encore société ? Ou, du moins, contribue-t-il encore à certains de ses ressorts essentiels ? Est-il toujours actuel ? En apparence, non. Les sociétés anciennes se sont pensées dans le langage du don mais nous, modernes, parlons un tout autre idiome, celui de l’intérêt notamment. Peut-être nous arrive-t-il encore, dans l’intimité et dans nos relations personnelles, de donner, mais il semble bien illusoire de considérer que le don serait toujours au coeur de nos sociétés contemporaines et qu’il contribuerait encore à nourrir liens, échanges et identités sociales. Faut-il alors, comme y invite la sociologie aujourd’hui, l’abandonner au folklore des anthropologues et aux spéculations des philosophes ?
     Conçu comme un manuel de sociologie anti-utilitariste résolument empirique et appliquée, ce livre vise à rappeler, à l’épreuve des terrains les plus variés, que le système du don – le « donner-recevoir-rendre » de M. Mauss – n’est aujourd’hui ni mort ni moribond, mais bel et bien vivant pour qui sait voir. Plus encore, il suggère que le don constitue, aujourd’hui comme hier, le système même des relations sociales en tant qu’elles sont irréductibles aux relations d’intérêt économique ou de pouvoir. Vus du don, les champs classiques de la sociologie prennent un tout autre relief.
     Qu’il s’agisse du monde du travail, de la sociabilité, familiale, amicale, amoureuse, des questions de genre et d’identité, de la protection sociale et de la solidarité, des associations ou de la philanthropie, du champ de la médecine et de la santé ou encore de la religion, de l’art et de la science, chacune des contributions ici réunies, rédigées par des spécialistes reconnus dans ces différents domaines, montre combien le paradigme du don ouvre la voie à une intelligence inédite des phénomènes sociaux. Invitant le sociologue à porter son regard sur ce qui circule entre les hommes (et pas uniquement sur ce qu’ils prennent et accumulent), il donne à voir cette délicate essence du social si chère à Marcel Mauss.

Philippe Chanial, secrétaire général de La Revue du MAUSS, est maître de conférences en sociologie à l’université Paris-Dauphine, où il dirige le CERSO (Centre d’études et de recherches en sociologie des organisations, CNRS). Ce volume regroupe une trentaine de contributions dont celles de N. Alter, A. Caillé, P. Fustier, J. Godbout, A. Guery, M. Hénaff, S. Latouche, I. Marin, I. Silber, C. Tarot, J.-P. Willaime, etc.


Le symbolique et le sacré
Théories de la religion
Préface de Lucien Scubla
Camille TAROT
912 p., 39 euros
ISBN 2-7071-5428-6

    La question de la religion – de son essence, de sa fonction, de son origine – a été centrale dans la sociologie et l’anthropologie classiques. Pour la tirer des impasses et de la stagnation où elle est reléguée de nos jours, Camille Tarot propose ici un bilan critique des oeuvres des meilleurs comparatistes, à travers leurs théories si contradictoires de la religion. Huit auteurs principaux sont soumis à examen : Émile Durkheim, Marcel Mauss, Mircea Eliade, Georges Dumézil, Claude Lévi-Strauss, René Girard, Pierre Bourdieu et Marcel Gauchet. L’important en la matière est d’abord d’esquiver les faux irénismes comme les querelles stériles ou haineuses, pour confronter les doctrines en profondeur et systématiquement. Ensuite, de déceler l’impensé et les refoulements que produit chaque cadre théorique, pour proposer le modèle ou l’idéal-type de la religion qui paraît le mieux fondé. Au fil de cet examen, il apparaît que l’essence du fait religieux est à rechercher à l’intersection du symbolique et du sacré, à comprendre à partir des fondations d’Émile Durkheim et de Marcel Mauss, complétées par les apports de René Girard. La possible fécondité du modèle qui se dégage ainsi s’atteste par sa capacité à relire les sources et à renouveler en profondeur les vieux problèmes des fonctions de la religion, qui n’avaient guère avancé depuis Émile Durkheim.

Camille TAROT, professeur de sociologie à l’université de Caen, spécialiste polyglotte d’histoire des religions, est notamment l’auteur de De Durkheim à Mauss, l’invention du symbolique (La Découverte/M.A.U.S.S, 1999, un « livre qui à coup sûr fera date », écrivait Danièle Hervieu-Léger).


Vers une autre science économique
(et donc un autre monde) ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 30, 2e semestre 2007,
Version papier : 320 p., 22 euros
Version numérique (PDF) : 626 p., 22 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-5362-3

     On ne desserrera pas l’emprise toute-puissante de l’économie (et de la finance) sur nos vies, on ne bâtira pas un « autre monde » sans ébranler la croyance en la science économique orthodoxe, celle qu’on enseigne à l’identique sur toute la planète désormais, et qui nous persuade qu’il n’y a pas d’alternative, pas d’autre voie possible. Or, chose étrange, ce paradigme standard, le modèle économique tout-puissant auquel tout le monde affecte de croire, est, en même temps, d’une extrême faiblesse, presque intégralement réfuté, si bien qu’à de multiples égards on peut aussi bien dire que personne n’y croit plus guère. D’où vient alors sa force ?
      Au premier chef, de l’éparpillement de ses critiques, de la dispersion qui règne entre les écoles économiques hétérodoxes. Chacune déclare séparément que le roi est nu, alors que ce qui les unit est infiniment plus important que ce qui les sépare, et qu’elles convergent vers ce que l’on peut appeler une économie politique institutionnaliste. Encore faut-il en prendre conscience et en tirer les conséquences. On trouvera ici les linéaments de cette économie politique institutionnaliste et un appel à l’union des économistes, fort nombreux, qui ne se satisfont pas de l’état de leur discipline et de son enseignement.

Avec des contributions de : A. Caillé, B. Chavance, P. Combemale, F. Fistetti, F. Fourquet, P. Jorion, N. Postel, J. Sapir, E. Sabourin.
et hors dossier de : M. Douglas, S. Kalberg, P. Prades, H. Raynal, M. Terestchenko, G. Toulouse, C. Zene.


Marcel Mauss, savant et politique
Préface de Marcel Fournier
Sylvain DZIMIRA
238 p., 20 euros
ISBN 2-7071-5293-0

    Le destin de l’œuvre de Marcel Mauss est étrange. Fondateur de l’ethnologie scientifique française, héritier intellectuel principal d’Émile Durkheim et de l’école française de sociologie, inspirateur revendiqué de Georges Bataille, Roger Caillois, Claude Lévi-Strauss – et à travers lui de Jacques Lacan – et, plus généralement, de toute l’intelligentsia française d’après-guerre, Marcel Mauss reste le plus inconnu des hommes illustres de la tradition sociologique et anthropologique.
     Pourquoi son parcours intellectuel, dont le fameux Essai sur le don représente le point culminant, est-il si mal compris ? Très probablement parce que Marcel Mauss, principal ami et collaborateur de Jaurès, infatigable militant du socialisme associationniste, n’a jamais accepté de dissocier amour de la science et passion du politique. En cela il s’est montré le fidèle descendant des Saint-Simon, Auguste Comte et Durkheim qui, à l’encontre de la prescription de Max Weber, se voulaient en même temps savants et politiques.
     Sylvain Dzimira montre ici, de manière particulièrement éclairante, comment la pensée anthropologique de Marcel Mauss ne se comprend qu’à la lumière de sa philosophie politique, et réciproquement. Et comment cette posture épistémologique (très éloignée de ce que nous recommande la vulgate aujourd’hui dominante), la seule qui donne à la science sociale toute sa vitalité et sa fécondité véritable, inspire également les travaux du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en sciences sociales).

Sylvain DZIMIRA, docteur en sociologie, chercheur associé au Sophiapol (Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques de Paris-X Nanterre), est professeur de sciences économiques et sociales au lycée des Francs-Bourgeois. Il collabore régulièrement à la Revue du MAUSS et anime La Revue du MAUSS permanente (www.journaldumauss.net).


La quête de reconnaissance
Nouveau phénomène social total
Alain CAILLÉ (sous la dir. de)

304 p., 25 euros
ISBN 978-2-7071-5332-6

    De plus en plus, dans tous les secteurs de la société, au travail, dans les relations entre groupes sociaux ou entre traditions culturelles ou religieuses, entre les sexes ou les générations, dans les rapports à l'État et l'administration, ou même en famille, les individus se sentent mal ou guère reconnus. Ils aspirent à la « reconnaissance », nouveau maître mot. De même au plan collectif : durant les deux derniers siècles, les luttes sociales se sont massivement présentées comme des luttes pour la redistribution de la richesse ; elles apparaissent principalement aujourd'hui comme des luttes pour être reconnus.
     La thématique de la reconnaissance est ainsi devenue centrale en sociologie ou en philosophie politique, comme elle l'est dans la réalité même. Une société juste, pense-t-on maintenant souvent, est celle qui accorde à tous la reconnaissance sans laquelle nous ne saurions vivre. Mais pouvons-nous tous être reconnus, et reconnus à égalité dans nos singularités ? Qu'est-ce qui anime la demande de reconnaissance ? Et l'offre de reconnaissance, par les médias, les directions d'entreprise, ou les appareils politiques, n'est-elle pas souvent illusoire et manipulatrice ? Qu'est-ce alors qu'une reconnaissance authentique ?
     Sur tous ces points brûlants, cet ouvrage apporte le diagnostic et les réponses de sociologues connus (et reconnus) et soulève une question insolite : l'étude des luttes de reconnaissance n'est-elle pas l'objet par excellence non reconnu de la sociologie, celui qui fonde son identité disciplinaire ?

Alain Caillé, directeur de La Revue du MAUSS semestrielle, professeur de sociologie à l'université Paris-X-Nanterre, où il codirige le SOPHIAPOL (Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques), a notamment publié à La Découverte, Anthropologie du don (2007) et Dé-penser l'économique (2005).
Avec des contributions de : A. Caillé, L. R. Cardoso de Oliveira, Ph. Chanial, Ch. Dejours, F. Dubet, N. Heinich, M. Lallement, J.-L. Laville, D. Le Breton, P. Pharo, E. Renault, L. Roulleau-Berger, L. Thévenot, S. Trigano, O. Voirol.


Avec Karl Polanyi
contre la société du tout-marchand
Revue du MAUSS semestrielle n° 29, 1er semestre 2007,
Version papier : 368 p., 25 euros
Version numérique (PDF) : 626 p., 25 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel)
ISBN 2-7071-5253-4

     Un peu partout dans le monde, Karl Polanyi (1886-1964) apparaît désormais comme la référence théorique et doctrinale principale de tous ceux, économistes, sociologues, historiens ou politologues, qui ne se résignent pas à la marchandisation générale de nos sociétés. Une référence plus maniable que Marx, parce que clairement humaniste et démocratique, et qui parle aussi bien aux réformistes un peu radicaux qu'à ceux qui entendent toujours abolir le capitalisme.
      La force de Polanyi est de lier étroitement trois thèmes de plus en plus d'actualité : 1) celui de la non-naturalité du marché autorégulé et de l'Homo œconomicus ; 2) celui qui considère que la tare principale de ce marché généralisé est de traiter comme des marchandises des biens qui ne peuvent pas l'être (la nature, le travail et la monnaie, à quoi il faut ajouter aujourd'hui le savoir) ; 3) celui de l'autonomie de la démocratie par rapport au marché : ce n'est pas le marché, montre-t-il, qui crée la démocratie.
     Certains éléments de l'œuvre proprement historique ou anthropologique de Polanyi ont vieilli et il importe de préciser lesquels. Mais on ne peut pas douter que ces thèmes-là et les questions qu'ils soulèvent renvoient aux problèmes majeurs d'aujourd'hui. Ce numéro de la Revue du MAUSS (qui a introduit ce débat sur Polanyi en France il y a vingt-cinq ans) fait le point sur le statut de cette œuvre singulière.

     Ce n° 29 de la Revue du MAUSS a été élu "Livre du mois" par Alternatives économiques. Cliquez ici pour découvrir les commentaires et réactions à ce numéro.

Avec des contributions de : G. Azam, A. Caillé, D. Girardot, K. Polanyi, S. Latouche, C. Laval, J.-L. Laville, R. Le Velly, S. Malsan, J. Maucourant, G. Sabin, J.-M. Servet et alii, Ph. Steiner.
et hors dossier de : P. Combemale, M. Douglas, F. Fourquet, J. Porcher, M. Terestchenko.


Pourquoi se mobilise-t-on ?
Les théories de l’action collective
Daniel CÉFAÏ
732 p., 39 euros
ISBN 2-7071-5250-3

    Pourquoi se mobilise-t-on ? L'un des traits propres aux régimes démocratiques est que leurs citoyens disposent d'un droit de regard sur les affaires publiques et, en contrepoint des élections, d'un droit à la critique et à la révolte. Ils discutent, s'associent, s'organisent. Ils constituent des collectifs, revendiquent dans l'espace public, passent des alliances avec partis et syndicats et entrent en conflit avec les pouvoirs établis. Mais qu'est-ce qui les y pousse ? La mobilisation a un coût en énergie et présente des risques, y compris financiers. Pourquoi ne pas laisser les autres se mobiliser à notre place ?
     Ce livre propose une cartographie de l'état des savoirs sur l'action collective, à partir de tout ce qui a été écrit sur le sujet depuis plus d'un siècle, sur les deux rives de l'Atlantique. L'histoire commence avec les travaux sur les foules et le public de Tarde et Le Bon, à la fin du XIXe siècle. L'auteur exhume la tradition du comportement collectif née à Chicago dans les années 1920. Il montre le virage accompli par Touraine et Melucci au moment de l'émergence des nouveaux mouvements sociaux – étudiant, féministe, écologiste… – dans les années 1960 et 1970. Il passe en revue les théories de l'action rationnelle, les modèles du processus politique et les analyses des réseaux et des organisations, qui prédominent aujourd'hui. Et il propose de nouvelles perspectives inspirées de la sociologie culturelle nord-américaine et de la microsociologie de Goffman. Un ouvrage indispensable à tous ceux qui s'intéressent aux mouvements sociaux de notre temps.

Daniel CÉFAÏ, est maître de conférences à l'université Paris-X-Nanterre et chercheur à l'institut Marcel-Mauss et au Sophiapol. Il a publié dans la même collection L'Enquête de terrain (La Découverte, 2003) et différents ouvrages collectifs sur Les Cultures politiques (PUF, 2001), Les Formes de l'action collective (avec Danny Trom, Éditions de l'EHESS, 2001), Les Sens du public (avec Dominique Pasquier, PUF, 2004) et L'Héritage du pragmatisme (avec Isaac Joseph, Éditions de l'Aube, 2002).


Vers la crise du capitalisme américain ?
Paul JORION
256 p., 24 euros
ISBN 2-7071-5092-9

    Rien n’est jamais écrit d'avance, mais tous les analystes informés et non aveuglés par l’idéologie, d’André Orléan ou Michel Aglietta à Emmanuel Todd, Jean Peyrelevade ou Patrick Artus, s’accordent à reconnaître que le capitalisme financier, miné par sa propre logique spéculative, ne pourra pas prolonger indéfiniment son expansion. Et que la crise éclatera d’abord, selon toute vraisemblance, en son épicentre, aux États-Unis, dont les taux d’endettement, individuels ou collectifs sont proprement ahurissants. Mais sous quelle forme ? Quand, comment et pourquoi ? Selon quels enchaînements probables ?
     Le grand intérêt de ce livre de Paul Jorion, qui connaît admirablement le système financier américain, de l’intérieur, est d’apporter des réponses extraordinairement précises et documentées à ces questions. En fait, le lieu de vulnérabilité principal n’est pas tant la Bourse, qui ne représente que 20 % de l’enrichissement des ménages américains depuis les années 1980, que le secteur immobilier (60 % de cet enrichissement), artificiellement soutenu par tout un ensemble de politiques gouvernementales, en fait extrêmement interventionnistes.
     En les décrivant, Paul Jorion, autant anthropologue qu’économiste, nous fait découvrir une société américaine presque inconnue en France, tout entière portée par le devoir quasiment messianique de foi et d’espérance en un avenir de prospérité générale. Or le système se grippe. La spéculation immobilière touche à ses limites dès lors que l’augmentation des prix de l’immobilier décolle par rapport à des revenus qui stagnent et que se multiplient les faillites personnelles. Si l’Amérique s’écroule, le monde tremblera.

     « Notre homme a vraiment plongé les mains dans le cambouis, disséquant les scandales boursiers, les trucages de comptes, les mécanismes spéculatifs, les réactions des autorités, mais aussi le comportement des agents. Le livre devient passionnant quand il aborde le logement. L’auteur nous explique comment les institutions chargées d’aider à l’accession sociale à la propriété en sont empêchées par leurs actionnaires, soucieux d’abord de rentabilité. Comment les prêts au logement servent aussi de support à des prêts à la consommation, créant ainsi un mécanisme infernal : les ménages s’endettent quand leur logement se valorise et ils plongent quand les prix se retournent. Et comment le mécanisme de la faillite personnelle devient souvent en fait un système d’endettement à vie. Selon lui, tous ces mécanismes poussent à l’apparition d’une bulle spéculative qui explosera forcément, sauf si… Même si l’on ne partage pas forcément cette conclusion, le livre vaut la peine d’être lu tant il est instructif et précis. Un bijou. »
     (Denis Clerc, Alternatives économiques, mars 2007)

Articles en rapport avec le livre : >>> 

Paul JORION, anthropologue réputé, spécialiste de l’intelligence art i f icielle (il est l’auteur de Principes de systèmes intelligents, Dunod, 1997), vit depuis une dizaine d’années aux États-Unis, en Californie, où il est devenu spécialiste de la formation des prix dans le secteur du crédit, dont il est aujourd’hui l’un des meilleurs connaisseurs et analystes.


Penser la crise de l'école
Perspectives anti-utilitaristes
Revue du MAUSS semestrielle n° 28, 2e semestre 2006, 480 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 480 p., 15 euros Acheter maintenant*
ISBN 2-7071-5001-0

    Qu’est-ce qui est en crise, au bout du compte, dans l’école en France? La manière de transmettre les savoirs, trop éloignée de la pédagogie ancienne ou, au contraire, mal adaptée à la mutation des publics ? L’inadéquation croissante des formations à la structure des emplois? Et ces évolutions sont-elles imputables à la sclérose de l’école ou à la situation socio-économique ? L’école souffre-t-elle d’être trop attachée à la défense d’une culture générale vieillie ou, au contraire, d’avoir déjà succombé à une exigence utilitariste de rentabilisation des diplômes ? La seule chose certaine, c’est que nous sommes bel et bien confrontés à une crise grave de la transmission des connaissances institutionnellement légitimes. Pour sortir des querelles particulièrement féroces en France sur la question et en permettre une approche plus sereine, il est important de partir du caractère multidimensionnel de la crise scolaire – à la fois crise des méthodes, des finalités, du sens, de l’autorité, du rapport aux publics et aux emplois. Tel est le parti pris de ce dossier.
     Mais qu’apporte à ce débat une perspective anti-utilitariste ? Sans doute la possibilité de soulever des questions souvent trop négligées : que signifie donner et recevoir (et rendre) un savoir ? Et un savoir qui vaut pour et par quoi : sa valeur intrinsèque, son utilité pour les individus ou son rôle de ciment d’une collectivité humaine ? Comment bien faire la part dans l’acquisition des connaissances de la quête du diplôme et de l’intérêt pour la connaissance elle-même ? De l’autorité et de la complicité du maître ? De l’obligation d’apprendre et du plaisir de comprendre ? Ici comme ailleurs, la bonne réponse n’est-elle pas que les savoirs susceptibles de devenir réellement utiles sont surtout ceux pour lesquels on s’est au moins un peu pris de passion ?

Avec des textes de : S. Beaud, M. Buttet, Ph. Chanial, J. Dewey, F. Dubet, M. Duru-Bellat, F. Flahault, G. Gagné, S. Garcia, P. Imbert, A. Joste, L. Lafforgue, J.-P. Lambert, Ch. Laval, Ch. Mallet, J. Méard, E. Morin, N. Nafissa, G. Pauze, T. Poullaouec, F. Poupeau, J. Rémy, T. Ryam, R. Sue, J.-P. Terrail, , B. Viard, R. Wainer, S. Yu.
et des contributions hors dossier de : A. Bouvier, R. Hamayon, N. Heinich, G. Massiah, P. Michon, P. Pharo, G. Schumacher, M. Terestchenko.


De l’anti-utilitarisme
Anniversaire, bilan et controverses
Revue du MAUSS semestrielle n° 27, 1er semestre 2006, 544 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 544 p., 15 euros Acheter maintenant
ISBN 2-7071-4897-0

    Qui ne veut pas lutter contre l'économisme, qui n’est pas anti-économiciste aujourd'hui ? Que ce soit pour s’opposer aux fermetures d’usines, aux délocalisations, à la baisse des salaires ou, plus généralement, à la subordination croissante aux impératifs du marché de toutes les sphères de l’existence sociale – la culture, l’École, le sport, la technique, la science, la politique, etc. – , tout lemonde proclame fortement qu’il y a « autre chose » à prendre en compte que la nécessité économique. « Autre chose », mais quoi ? Faute de le préciser, le risque est de se cantonner dans un moralisme imprécateur et impuissant.
     Un des paris – à la fois théorique, anthropologique, et existentiel – du MAUSS est que la racine première de l’économisme (du triomphe théorique et pratique de l'économie) est à rechercher dans une conception utilitariste (disons instrumentale) de l’homme et du monde, et que, symétriquement, c’est dans l’anti-utilitarisme (tel notamment que Marcel Mauss en dessine les contours dans son Essai sur le don) qu’il y a lieu de puiser les ressources d’un anti-économisme effectif.
     Mais que doit-on entendre, en définitive, par « utilitarisme » et « anti-utilitarisme »? Ce numéro, qui célèbre le vingt-cinquième anniversaire du MAUSS, tente une sorte de bilan de cette discussion en donnant sur ce point la parole à ses amis et alliés, mais aussi, comme à son habitude, à ses adversaires.

Avec des textes de : A. Caillé, F. Compin, S. Crépon, P.-L. Dorion, M. Douglas, S. Dzimira, N. Eber, Falafil, C. Ferraton, F. Flahault, F. Fourquet, G. Gendre, J.T.Godbout, P. Jorion, S. Latouche, Ch. Laval, J.-L. Laville, P.-É. Lemontey, F. Lordon, O. Romano, J. Roucloux, I. Silber, F. Vandenberghe, F. Vatin, X…
et des contributions hors dossier de : M. Chollet, J. Dewitte, F. Flipo, F. Fourquet, B. Lahire, D. Martucelli, J. Porcher, H. Raynal et l'Artiste anonyme.


Le capital social
Performance, équite et réciprocité
Antoine BEVORT et Michel LALLEMENT (sous la dir. de)

336 p., 30 euros
ISBN 2-7071-4804-0

    Avec la notion de réseau , qui lui est d'ailleurs étroitement apparentée, le concept de capital social, quoique mal connu en France, est probablement celui qui a suscité le plus de travaux et de débats d’ampleur internationale, en sociologie et en science politique, mais aussi en économie, depuis les années 1990. Il fonde en, effet une hypothèse d'une importance cruciale : celle que l’efficacité économique d’un individu, d’une entreprise ou d’une nation ne dépend pas tant – ou pas seulement – de la quantité de capital économique dont ils disposent que de la qualité des relations sociales au sein desquelles s’insère leur activité. La thèse est fascinante, mais on devine toutes les questions qu’elle soulève. Qu’est-ce que la qualité d’une relation sociale ? Peut-on la mesurer ? Et comment ?
     Derrière ces interrogations se cache un conflit doctrinal plus profond. Dans l’idée même de capital social, que faut-il privilégier  : la dimension du capital ou celle du social ? L’idée, utilitariste, que les relations sociales d’amitié ou de solidarité peuvent servir de manière instrumentale, à la réussite économique ? Ou bien, à l’inverse, celle qu’elles n’ont d’efficacité économique qu’à titre de sous-produit, que pour autant qu’elles sont d’abord recherchées et valorisées pour elles-mêmes ? Sur tous ces points, dans le sillage des articles fondateurs de Pierre Bourdieu et Robert Putnam, difficiles d’accès en France, ici repris pour le premier, traduit pour le second, on trouvera dans cet ouvrage une synthèse sans équivalent des débats en cours et des analyses que le concept autorise.

Antoine Bevort et Michel Lallement, tous deux professeurs de sociologie au Conservatoire national des arts et métiers, sont les auteurs de nombreux ouvrages sur la démocratie participative (A. Bevort), les relations professionnelles ou l'organisation du travail ainsi que l'histoire des sciences sociales (M. Lallement).
Avec des contributions de : A. Bagnasco, A. Bevort, V. Borghi, P. Bourdieu, E. Bucolo, A. Degenne, B. Favre, G. Grimler, J.-M. Jaeggi, M. Lallement, J.-L. Laville, E. Lazega, M.-O. Lebeaux, M. Lecoutre, Y. Lemel, M. Madoui, B. Perret, S. Ponthieux, R. Putnam, N. Sirven, D. Trancard, J.-P. Worms.


Alter-démocratie, alter-économie
Chantiers de l'espérance
Revue du MAUSS semestrielle n° 26, 2e semestre 2005, 464 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 464 p., 15 euros Acheter maintenant
ISBN 2-7071-4762-1

    Le précédent numéro de la Revue du MAUSS dressait le constat de l’existence d’un malaise, à tout le moins, dans la démocratie. Le doute sur ses potentialités et sur sa réalité s’étend chaque jour un peu plus. Mais jusqu’où convient-il de désespérer ? La seule chose sûre est que, dans leur état actuel, les mécanismes de la démocratie représentative ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes et qu’il faut revigorer l’esprit même de la démocratie.
     Ce sont les modalités, les potentialités et les limites de ces alternatives à la démocratie représentative – démocratie participative, associationniste ou directe, forums plus ou moins hybrides, organisations ou coopérations en réseau, etc. – bref, de tout ce qui relève de l’alterdémocratie, que le présent numéro se propose d’examiner et d’évaluer, avec une réouverture symétrique du débat sur l’alteréconomie. Face à la menace, qui se précise, d’une crise économique et environnementale de très grande ampleur, les perspectives d’une « décroissance conviviale » et d’une redéfinition de la richesse sont-elles crédibles ? Et quels rapports entretiennent-elles avec l’idéal démocratique ?
     Tout ici est en chantier, les chantiers de l’espérance. Pour éviter les désillusions, il reste, sans doute, à mieux faire apparaître le dénominateur commun à ce qui se cherche ici et là. Peut-il s’agir d’autre chose, en définitive, que de bâtir une social-démocratie planétaire, radicalisée et universalisée, capable d’intégrer dans son programme la fragilité de la nature, la diversité des cultures et des systèmes politiques, comme les limites à la fois de la démocratie représentative et de la richesse marchande ?

Avec, sur ce thème, des articles de : M. Bauwens, A. Berthoud, A. Caillé, P. Gary, S. Dufoix, F. Flahault, F. Flipo, J.T. Godbout, D. Graeber, B. Guibert, J.-M. Harribey, A. Insel, P. Jorion, J.-P. Lambert, D. Lapon, S. Latouche, B. Liatard, S. Malsan, J.-P. Russier, R. Sussan, P. Viveret, I. Wallerstein, J.-P. Worms
et, en Libre Revue : S. Latouche, P Michon, S. Pasquier, J.-P Siméon.


Un si fragile vernis d’humanité
Banalité du mal, banalité du bien
Michel TERESTCHENKO

304 p., 26 euros
ISBN 2-7071-4612-9

    On a pu croire ou espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derriere nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? La réponse à cette question devient chaque jour plus urgente.
     Michel Terestchenko rouvre ici le débat. D’abord, en complétant la démonstration de Hannah Arendt : de même que ce ne sont pas seulement des monstres qui basculent dans l’horreur mais des hommes ordinaires, trop ordinaires, de même, montre-t-il, il n’est pas besoin d’être un saint pour accomplir le juste et secourir des victimes au risque de sa vie. Héros ou salaud ? C’est toujours une petite décision initiale, à peine perceptible, qui décide du côté dans lequel, une fois engagé, on se retrouvera in fine. Mais qu’est-ce qui explique cette décision ? C’est là où l’enquête de M. Terestchenko prend toute son ampleur. En procédant à une reconstitution critique du débat central de la philosophie morale depuis le xviie siècle, aujourd’hui relayé par la majorité des sociologues et des économistes, elle montre combien est stérile l’opposition entre tenants de la thèse de l’égoïsme psychologique et défenseurs de l’hypothèse d’un altruisme sacrificiel. Ce n’est pas par « intérêt » qu’on tue ou qu’on torture. Ni par pur altruisme qu’on se refuse à l’abjection.
     Les travaux qui analysent les phénomènes de soumission à l’autorité, de conformisme de groupe ou de passivité face à des situations de détresse, invitent à comprendre tout autrement les conduites de destructivité. Tirant les conclusions philosophiques de recherches récentes entreprises en psychologie sociale et s’appuyant sur certains exemples historiques particulièrement éclairants – tel le cas de Franz Stangl, le commandant de Treblinka, ou, à l’opposé, les actions héroïques du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda au Chambon-sur-Lignon –, l’auteur propose de penser les conduites humaines face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l’absence ou de la présence à soi.

Lire la Note de lecture de B. Cannone sur cet ouvrage.

Michel TERESTCHENKO (michel.terestchenko@univ-reims.fr), philosophe, est l’auteur d’ouvrages de philosophie politique (Les Violences de l’abstraction, PUF 1992 ; Philosophie politique, 2 vol., Hachette, 1994) et de philosophie morale (Amour et désespoir, Seuil, 2000).


Au commencement était le rite
De l’origine des sociétés humaines
Arthur Maurice HOCART

Préface de Lucien Scubla, 224 p., 19 euros
ISBN 2-7071-4676-5

    Où il est soutenu, notamment, que la mondialisation du rituel a largement précédé celle de l’économie ; que le mariage et les funérailles ont été d’abord un privilège royal qui a fini par s’étendre à toutes les couches de la société ; que la souveraineté a été originellement dévolue à des rois morts ; que c’est l’usage rituel de l’huile et des excréments qui a ouvert la voie à leur utilisation technique comme lubrifiant et comme engrais ; etc.
     Se pourrait-il donc – et telle est l’hypothèse provocante soutenue par l’auteur – que tout ce que nous appelons la civilisation, et toutes les institutions caractéristiques des sociétés humaines proviennent du développement et de la transformation d’activités rituelles qui se sont peu à peu répandues dans le monde entier ?
     Dans cet ouvrage posthume ici publié pour la première fois en français (titre original Social Origins), A. M. Hocart, l’un des plus grands anthropologues du xxe siècle – dont les idées, après une période d’oubli relatif, reviennent en force –, présente toute une série d’arguments frappants en faveur de cette thèse qui remet en cause nombre de nos certitudes et ouvre un champ de réflexion immense.

Anthropologue britannique, A. M. HOCART (1883-1939), après de longues enquêtes en Mélanésie (1908-1914) puis à Ceylan (1919-1925), prendra la succession d’Evans-Pritchard à l’université du Caire et y occupera la chaire de sociologie jusqu’à sa mort. L’un de ses derniers ouvrages, Les Castes (1938), parut d’abord en France, avec une préface de Marcel Mauss.

Social Origins, publié quinze ans après sa mort par son ami et exécuteur testamentaire lord Raglan, fait la synthèse de toutes ses recherches et hypothèses antérieures.


Malaise dans la démocratie
Le spectre du totalitarisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 25, 1er semestre 2005, 528 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 528 p., 15 euros Acheter maintenant
ISBN 2-7071-4613-7

    Il y a seulement quelques années, on pouvait raisonnablement espérer une extension planétaire rapide de la démocratie. Aujourd’hui, les doutes nous assaillent de partout. Des régimes qui semblaient y avoir accédé basculent à nouveau dans la dictature (Russie), d’autres ne semblent pas près d’en sortir (Chine), des régions entières sombrent dans le chaos (Afrique, une partie de l’Amérique du Sud ou du centre, etc.) Quant à la tentative d’exporter la démocratie par la force, en Irak ou au Moyen-Orient, elle pose au minimum problème. Face à cette régression des idéaux démocratiques, c’est notre manière même de les penser qui doit être interrogée.
     La question n’est plus seulement de savoir si ces idéaux nés en Occident sont exportables ailleurs, universalisables, mais s’ils sont encore effectifs et vivaces en Occident même. Et à quel degré. Pour certains, nous entrons dans une ère de barbarie douce, d’oligarchie ou de ploutocratie, mais aussi affaissées soient-elles, nos démocraties restent des démocraties. Pour d’autres, le couplage à peu près vertueux du marché et de la démocratie (l’un appelant l’autre) est aujourd’hui épuisé : nous serions désormais, en Occident aussi, sortis de l’orbe de la démocratie, et nos régimes n’auraient plus de démocratiques que le nom, la forme et la rhétorique.
     Mais que sont-ils alors ? Un totalitarisme nouveau ? Un « globalitarisme » ? Autre chose encore ? Ce débat est infiniment complexe. Pourtant, il n’en est sans doute pas de plus essentiel et de plus urgent. Ce numéro du MAUSS tente de lui donner toute sa consistance.

Avec, sur ce thème, des articles de : J. Baechler, J.-M. Besnier, A. Caillé, Ph. Corcuff, V. Desmeuliers, J. Dewitte, M. Freitag, G. Gagné, D. Howard, A. Joxe, S. Kalberg, J.P. Le Goff, P. Michon, J.-P. Russier, P. Tafani.
Et, en Libre Revue : F. Fourquet, G. Gendre, H. Lopes, P. Michon, V. Mihailescu, L. Moreau de Bellaing, K. Owana, E. Pulcini, R. Sobel, S. Vibert, et un artiste anonyme...


Don, intérêt et désintéressement
Bourdieu, Mauss, Platon et quelques autres
Alain CAILLÉ
352 p., 28 euros
ISBN 2-7071-4496-7

     « S’il valait, je crois, la peine de rééditer le présent livre, épuisé depuis plusieurs années, c’est parce que les articles qu’il rassemble et notamment les trois textes principaux – la critique de Pierre Bourdieu, la relecture de La République de Platon et la réflexion sur le don, l’intérêt et le désintéressement (et sur Derrida…) – correspondent à des moments charnières dans la réflexion du MAUSS (Mouvement antiutilitariste dans les sciences sociales). Avant l’explicitation d’un “paradigme du don” (ici esquissé), qui aura été le travail principal des dix dernières années de La Revue du MAUSS, il fallait s’expliquer en profondeur sur ce qui fait problème dans l’“axiomatique de l’intérêt” et dans l’utilitarisme ou, à l’inverse, dans l’an-utilitarisme d’un Jacques Derrida. C’est que la recherche d’un don absolument pur et désintéressé est aussi illusoire et démobilisatrice, pour la pensée comme pour l’action, que la réduction de toute action aux calculs intéressés qui sont censés l’inspirer. Ce n’est qu’une fois clairement prémuni des séductions de ces deux frères ennemis qu’il est possible de commencer à avancer pour de bon. »
     A. Caillé.

     En tant qu’hommes et femmes modernes nous nous trouvons écartelés entre deux séries de certitudes et d’exigences parfaitement inconciliables. D’une part, notre époque nous pousse impérieusement à croire que rien n’échappe à la loi toute puissante de l’intérêt et qu’il nous faut nous-mêmes nous y plier en devenant des « calculateurs » avisés. D’autre part, nous aspirons tous à nous y soustraire pour accéder enfin à cette pleine générosité, à ce don pur et entier, que la tradition religieuse dont nous sommes issus nous enjoint de rechercher. Mais c’est là une tâche impossible, rétorque la première croyance pour qui rien n’échappe au calcul, si bien qu’il ne saurait exister de générosité et de don que mensongers.
     Pour Alain Caillé, la question est mal posée. L’examen, à travers deux de ses plus grands représentants (Platon, P. Bourdieu), de ce qu’il appelle « l’axiomatique de l’intérêt » ; celui, à l’inverse, des caractérisations du don par une impossible et inaccessible pureté (J. Derrida), révèle la profonde solidarité qui unit les deux pôles de l’esprit moderne, et incite à chercher, dans le sillage du Marcel Mauss de l’Essai sur le don, une conception du don plus harmonieuse et raisonnable. Rien n’est sans doute en effet plus urgent si nous voulons penser notre temps, scientifiquement et moralement, à égale distance du cynisme et de l’idéalisme.

Alain CAILLÉ, né en 1944, professeur de sociologie à l’université Paris-X-Nanterre, où il dirige le GÉODE (Groupe d’étude et d’observation de la démocratie), est le directeur de La Revue du MAUSS. Il est notamment l’auteur de : Anthropologie du don. Le tiers paradigme (Desclée de Brouwer, 2000) ; Histoire raisonnée de la philosophie morale et politique (sous la dir. de A. Caillé, Ch. Lazzeri et M. Senellart, La Découverte, 2001) ; Dé-penser l’économique. Contre le fatalisme (La Découverte/MAUSS, 2005).


Dé-penser l’économique
Contre le fatalisme
Alain CAILLÉ,
320 p., 23 euros
ISBN 2-7071-4518-1

     La fatalité revêt aujourd’hui les traits de la nécessité économique : nous n’aurions plus d’autre choix que de nous y soumettre. Comment échapper à ce destin funeste ? En critiquant le discours économique dominant, assurément. Mais si ce discours triomphe partout, n’est-ce pas que sa critique a échoué ? Il lui a manqué, en définitive, de ne pas assez rompre avec les postulats fondateurs de la vision économique du monde : la certitude que l’être humain est d’abord un Homo œconomicus ; la croyance à la clôture de l’ordre économique sur lui-même ; la foi dans la visée d’une science économique. D’où ces multiples projets, toujours avortés, de créer une « autre économie », plus rationnelle ou plus humaine, ou d’édifier une autre science économique, plus scientifique. Or, viser une « autre économie », c’est encore accréditer l’idée que l’essentiel serait d’ordre économique. Aspirer à une « autre science économique », c’est encore croire en la science des économistes et contribuer à sa consolidation.
     Plutôt que d’élaborer des alternatives aussi fracassantes que décevantes, Alain Caillé se propose donc ici d’apprendre à « dé-penser » l’économique, en le soustrayant au monopole des économistes pour le placer sous les regards croisés de l’anthropologie, de l’histoire, de la philosophie et de la sociologie. Au bout du compte, l’économique se trouve ainsi replacé dans la perspective du politique. Que gagne-t-on à ce déplacement du regard, à la fois modeste et ambitieux ? Rien, diront sans doute certains. Le principal, penseront peut-être quelques autres…

Professeur de sociologie à Paris-X-Nanterre, où il dirige le GEODE (Groupe d’étude et d’observation de la démocratie) Alain CAILLÉ est directeur de La Revue du MAUSS. Il a publié récemment : Anthropologie du don (Desclée de Brouwer, 2000), Histoire raisonnée de la philosophie morale et politique (sous la direction de A. Caillé, Ch. Lazzeri et M. Senellart, La Découverte, 2001), Paix et démocratie (préface de B. Boutros-Ghali, Unesco, 2004).

 
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ainsi qu'à
Michel, Mousse et Amélie pour le béta-testing.
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