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RdM35 La gratuité

(Re)penser la technique
Vers une technologie démocratique
par Andrew Feenberg, traduit de l'anglais par Anne-Marie Dibon, 240 p., 20 euros (version papier)
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ISBN 2-7071-4147-X

     Jusqu’où devons-nous pousser la technicisation de la société, des produits, des esprits et des corps ? Curieusement, c’est au moment où cette question se fait chaque jour plus pressante que les moyens théoriques de la formuler avec rigueur manquent le plus. Le débat philosophique sur la technique qui a fait rage autour de Heidegger, Ellul et Habermas, est resté sans conclusion. Parce qu’en posant le monde de la technique comme radicalement externe au monde social, ces philosophies nous laissaient impuissants.
     Ces vingt dernières années, la posture constructiviste a pris le relais, proposant maintes analyses brillantes de la construction sociale et historique de telle ou telle réalisation technologique. Mais ces approches répondent rarement à la question générale et principale : quelle place accorder à la technique dans une société démocratique ? Dans ce contexte, la philosophie antiessentialiste défendue par Andrew Feenberg se révèle d’une importance décisive. La démonstration que toute technologie incorpore la définition de ses usages sociaux possibles permet de sortir de l’opposition stérile entre enthousiasme technophile naïf et catastrophisme technophobe. En montrant comment l’intervention des usagers ou des citoyens a modifié en profondeur certains protocoles technologiques – de la bicyclette aux réseaux on line en passant par le traitement du sida –, A. Feenberg dessine la perspective crédible d’un contrôle démocratique des nouvelles technologies.
     Ce livre – que beaucoup jugent décisif outre-Atlantique – contribuera à remettre certaines discussions aujourd’hui vitales sur de bons rails. Outre les chercheurs et philosophes du domaine, il passionnera tous ceux qui ne se résignent pas au fatalisme technologique.

     
ANDREW FEENBERG, (http://www.sfu.ca/~andrewf) pionnier dans la mise au point des réseaux pédagogiques de communication on line, professeur de philosophie à la San Diego State University, est actuellement titulaire de la prestigieuse Canadian Research Chair in Philosophy of Technology à la School of Communication de la Simon Fraser University.

Introduction
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RdM35 La gratuité

La gratuité
Éloge de l’inestimable
Revue du MAUSS semestrielle n° 35, 1er semestre 2010,
Version papier : 352 p., 24 euros
Version numérique (PDF) : 675 p., 24 euros
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ISBN 2-7071-6448-3

      Au carrefour de toutes les problématiques – économiques, sociales, éthiques ou politiques – réside la question de la gratuité : quelle part de gratuité subsiste, doit ou peut subsister dans les affaires humaines ? Jusque dans les années 1970-1980, l’idéal progressiste était simple : accroître simultanément le revenu monétaire par tête et la part des gratuités collectives assurées par l’État. Mais le discours sur la gratuité apparaît aujourd’hui singulièrement brouillé, éclaté en trois séries de propositions largement contradictoires : les dons gratuits de la nature s’épuisent ; tout doit désormais avoir un prix, réel ou virtuel ; grâce à Internet, demain tout sera gratuit et fait gratuitement.
     Ces contradictions doivent nous inciter à y regarder de plus près, en nous rappelant que ce n’est pas pour rien que toute l’histoire du christianisme a été ponctuée de conflits sanglants dont l’enjeu central était celui des rapports entre la grâce, le gracieux, le charme, le charisme et la gratuité. D’où il ressort que rien n’est plus précieux que la gratuité. Mais dans quelle mesure peut-elle être gratuite ?
     « Tout le prix de la vie vient des choses sans prix. Dans la sphère de l’acte gratuit, du don, de ce qu’il possède et de ce qu’il est, l’homme atteint à ce qui constitue sa plus incontestable dignité. »
     François Perroux.

Avec des contributions de : N. Alter, D. Bourgeon, L. Bruni, A. Caillé, Ph. Chanial, D. de Callataÿ, P. Dardot, C. Gayet-Viaud, J. T. Godbout, A. Goldenberg, F. Gollain, J.-M. Harribey, M. Hénaff, P. Lardellier, Ch. Laval, M. Lechner, J.-C. Michéa, M. Pasquinelli, G. Pommier, S. Proulx, J.-L. Sagot-Duvauroux, A. Sauge, S. Zamagni.
et, dans la version numérique, des textes de : E. Autant, C. Basualdo, O. Bobineau, J. Dewitte, F. Di Marzio, O. Favereau, A.-M. Fixot, V. Gateau, B. Grassineau, FSU-Culture, L. Pihel, E. Pilote, F. Porcher, J. Porcher, G. Renou, Ph. Steiner, T. Schmitt, F. Vatin.

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Introduction
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Que faire, que penser de Marx aujourd’hui ?
 
Revue du MAUSS semestrielle n° 34, 2e semestre 2009,
Version papier : 336 p., 23 euros
Version numérique (PDF) : 504 p., 23 euros
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ISBN 2-7071-5875-8

      Que peut-on et doit-on conserver de Marx ? Se poser cette question, c’est se demander ce qu’il nous est (encore) permis d’espérer. Si Marx a eu l’importance historique que l’on sait, c’est parce qu’il est celui qui a su lier l’aspiration au savoir absolu à l’émancipation universelle. Mais au prix de contradictions et d’impasses qu’il nous importe de surmonter. Marx, penseur par excellence de la contradiction, a été lui-même le penseur le plus contradictoire qui soit. On peut en effet tout aussi légitimement le percevoir comme le plus empreint d’économisme ou le plus anti-économiciste, le plus utilitariste ou le plus anti-utilitariste, le plus humaniste ou le plus antihumaniste, le plus libertaire et le plus autoritaire. Et surtout, à la fois le plus nihiliste et le plus optimiste.
      Ce qu’il nous reste à déterminer, c’est le bon équilibre entre ces termes opposés. Et ce n’est pas chez les héritiers proclamés de Marx qu’on le trouvera, mais chez ceux qui s’en sont inspirés, pour le prolonger en le critiquant : Hannah Arendt, Cornelius Castoriadis, André Gorz, Karl Polanyi et d’autres. Et, surtout, Marcel Mauss, de tous, curieusement, le plus proche de l’inspiration marxienne et qui apporte les réponses les plus profondes aux questions centrales soulevées par Marx.

Avec des contributions de : G. Azam, G. Berthoud, O. Bobineau, A. Caillé, M. Cangiani, Ph. Chanial, S. Dzimira, F. Flahault, F. Fourquet, F. Gollain, A. Jappe, P. Jorion, S. Latouche, Ch. Laval, Ch. Lazzeri, M. Kail, B. Malon, N. Poirier, R. Sobel, J. Spurk, P. Tudoret.
et, dans la version numérique, des textes de : V. Descombes, F. Flipo, E. Fournière, B. Frère, J-M. Harribey, M. Ouellet, J-L. Prat, C. Rosselli.

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Introduction
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L’Université en crise
Mort ou résurrection ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 33, 1er semestre 2009,
Version papier : 384 p., 25 euros
Version numérique (PDF) : 490 p., 25 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5807-9

      Faudrait-il en finir avec l’Université pour être résolument « moderne » ?
      N’est-ce pas cette mort programmée qui est au coeur des textes ministériels de 2007-2008 et de la mobilisation, d’une rare obstination, qu’ils ont provoquée chez les universitaires et chercheurs ? Certes, l’Université doit être réformée. Tout particulièrement en France où elle est le parent plus que pauvre, misérable, des « grandes écoles ».
      La réforme LRU, avec son exhortation à l’autonomie a pu, un temps, séduire. Mais elle se traduit en fait par une diminution des moyens et par un contrôle renforcé sur les enseignants-chercheurs. Accélérant la fragmentation générale des connaissances, transformées en supposés savoirs experts, évaluées par une expertise automatisée, ce vent de «réformes» mène à un abandon peut-être irréversible de l’idéal humaniste et démocratique du savoir.
      Devons-nous défendre l’institution et les « corps », réputés synonymes de lourdeur ? Notre réponse, progressiste, est oui : ils sont les conditions de la liberté de penser et de la fécondité scientifique, et donc de la vitalité de nos sociétés. Encore faut-il que les propositions de réforme viennent d’abord de la communauté universitaire elle-même. Ce à quoi ce numéro – qui réunit des textes venus de bords bien différents – voudrait contribuer. À la réinvention d’une démocratie universitaire.

Avec des contributions de : S. Audier, O. Beaud, M. Berry, C. Bessy, M. Blay, L. Bourgeois, A. Caillé, G. Chamayou, J.-L. Chassaing, V. Descombes, O. Favereau, F. Flipo, B. de Fontenelle, J. Galbraith, S. Garcia, G. Hodgson, A. Insel, P. D’Iribarne, A. Le Goff, L. Larqué, B. Latour, Y. Lichtenberger, G. Longo, H. Mintzberg, C. Musselin, C. Paradeise, T. Piketty, F. Vatin, A. Vinokur, H. Yakusiin.
et, dans la version numérique, des textes de : A. Bialakowski, M. Freitag, K. Jaspers, C. Laval, P. Michon, J.-P. Russier.

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Introduction
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L’Amour des autres
Care, compassion et humanitarisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 32, 2e semestre 2008,
Version papier : 348 p., 24 euros (épuisé)
Version numérique (PDF) : 626 p., 24 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5643-3

      L’amour des autres est irréductible à l’amour de soi ou à l’amour-propre… c’est ce que le précédent numéro de La Revue du MAUSS a clairement établi. L’amour des autres a sa réalité et sa consistance propres. Mais de quels autres s’agit-il ? Aimer les siens, ses proches, n’est pas trop difficile ni trop distinct, en somme, de l’amour de soi. Mais peut-on aimer – et de quel type d’amour – les étrangers, les réprouvés, les malheureux qu’on ne connaît pas ? Les autres « autres » ?
      Ou encore : peut-on donner sans attente ni espoir de retour, « donner quelque chose contre rien », d’une façon radicalement asymétrique, hors de toute réciprocité ? Et quel est alors le statut de ce don ? De la charité, de la pitié, de la compassion ? Vieilles questions, inlassablement reprises par toutes les religions et les morales.
      Qu’on regarde ici du point de vue de la philosophie, des sciences sociales et de la psychanalyse, avec une attention toute particulière portée au débat sur le care (la sollicitude) qui, avec la question de la reconnaissance – et en liaison étroite avec les gender studies –, occupe aujourd’hui de plus en plus de place sur la scène philosophique et sociologique. Pour se demander, enfin, si l’amour des autres peut être une politique.

Avec des contributions de : P. Audi, F. Buyse, A. Caillé, Ph. Chanial, C. Dessinges, D. Girardot, J. T. Godbout, A. Gouldner, J.–M. Guyau, J.-Ph. Heurtin, Ch. Lasch, A. Le Goff, P. H. Martins, A. Nygren, P. Paperman, G. Pommier, A. Sarentchoff, M. Terestchenko, J. Tronto.
et hors dossier de : S. Latouche, C. Tarot, F. Vatin.
et, dans la version numérique, des textes de : C. Basualdo, S. Bornhausen, F. Fistetti, F. Gauthier, Y. Le Hénaff et alii, M. Petitclerc.

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Introduction
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L’homme est-il un animal sympathique ?
Le contr'Hobbes
Revue du MAUSS semestrielle n° 31, 1er semestre 2008,
Version papier : 334 p., 22 euros
Version numérique (PDF) : 636 p., 22 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5491-0

     Tout semble aujourd’hui donner raison à Hobbes : l’homme n’est-il pas effectivement un loup pour l’homme et rien d’autre ? Le pouvoir et l’intérêt ne sont-ils pas les seuls mobiles de toute action ?
      Est-ce si sûr pourtant ? Prisonniers de l’axiomatique de l’intérêt qui a dominé la pensée occidentale depuis au moins trois siècles, nous avons oublié la force du courant qui s'y est constamment opposé : le « contr'Hobbes ». Son concept le plus central et le plus fécond est celui de sympathie, qui a structuré les Lumières écossaises, de Shaftesbury à Hume et à Smith. La sympathie, cette capacité de l’homme à se réjouir comme ses semblables de leurs joies ou à souffrir avec eux de leurs peines. Dans le prolongement de cette découverte philosophique essentielle, la sociologie, la psychologie, mais aussi l'économie, la biologie et l'éthologie n’ont cessé d’approfondir cette question. Ce numéro donne à voir l’ancienneté et l’étonnante actualité de cette tradition « sympathique », mais aussi son ambivalence, voire son étrangeté.
     Car la sympathie a ses faces d’ombre. Et si l’homme est un animal sympathique, c’est pour le meilleur... et pour le pire.

Avec des contributions de : M. Anspach, S. Bowles, A. Caillé, Ph. Chanial, J. Dewitte, F. Flahault, E. Fournière, H. Gintis, J.T. Godbout, J.-M. Guyau, Ch. Lazzeri, H. Raynal.
et hors dossier de : F. Gollain, Ch. Laval, J.-C. Michéa.
et dans la version numérique, des textes de : R. Anspach, D. Bourgeon, S. Chastang, J.-P. Dupuy, B. Kestemont, M.-L. Leroy, E. Magnani, V. Nurock, E. Pulcini, A. Tonnet.

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Introduction
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Vers une autre science économique
(et donc un autre monde) ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 30, 2e semestre 2007,
Version papier : 320 p., 22 euros
Version numérique (PDF) : 626 p., 22 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5362-3

     On ne desserrera pas l’emprise toute-puissante de l’économie (et de la finance) sur nos vies, on ne bâtira pas un « autre monde » sans ébranler la croyance en la science économique orthodoxe, celle qu’on enseigne à l’identique sur toute la planète désormais, et qui nous persuade qu’il n’y a pas d’alternative, pas d’autre voie possible. Or, chose étrange, ce paradigme standard, le modèle économique tout-puissant auquel tout le monde affecte de croire, est, en même temps, d’une extrême faiblesse, presque intégralement réfuté, si bien qu’à de multiples égards on peut aussi bien dire que personne n’y croit plus guère. D’où vient alors sa force ?
      Au premier chef, de l’éparpillement de ses critiques, de la dispersion qui règne entre les écoles économiques hétérodoxes. Chacune déclare séparément que le roi est nu, alors que ce qui les unit est infiniment plus important que ce qui les sépare, et qu’elles convergent vers ce que l’on peut appeler une économie politique institutionnaliste. Encore faut-il en prendre conscience et en tirer les conséquences. On trouvera ici les linéaments de cette économie politique institutionnaliste et un appel à l’union des économistes, fort nombreux, qui ne se satisfont pas de l’état de leur discipline et de son enseignement.

Avec des contributions de : A. Caillé, B. Chavance, P. Combemale, F. Fistetti, F. Fourquet, P. Jorion, N. Postel, J. Sapir, E. Sabourin.
et hors dossier de : M. Douglas, S. Kalberg, P. Prades, H. Raynal, M. Terestchenko, G. Toulouse, C. Zene.

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Introduction
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Avec Karl Polanyi
contre la société du tout-marchand
Revue du MAUSS semestrielle n° 29, 1er semestre 2007,
Version papier : 368 p., 25 euros
Version numérique (PDF) : 626 p., 25 euros
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Version numérique (PDF, lecture seule): 15 euros
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ISBN 2-7071-5253-4

     Un peu partout dans le monde, Karl Polanyi (1886-1964) apparaît désormais comme la référence théorique et doctrinale principale de tous ceux, économistes, sociologues, historiens ou politologues, qui ne se résignent pas à la marchandisation générale de nos sociétés. Une référence plus maniable que Marx, parce que clairement humaniste et démocratique, et qui parle aussi bien aux réformistes un peu radicaux qu'à ceux qui entendent toujours abolir le capitalisme.
      La force de Polanyi est de lier étroitement trois thèmes de plus en plus d'actualité : 1) celui de la non-naturalité du marché autorégulé et de l'Homo œconomicus ; 2) celui qui considère que la tare principale de ce marché généralisé est de traiter comme des marchandises des biens qui ne peuvent pas l'être (la nature, le travail et la monnaie, à quoi il faut ajouter aujourd'hui le savoir) ; 3) celui de l'autonomie de la démocratie par rapport au marché : ce n'est pas le marché, montre-t-il, qui crée la démocratie.
     Certains éléments de l'œuvre proprement historique ou anthropologique de Polanyi ont vieilli et il importe de préciser lesquels. Mais on ne peut pas douter que ces thèmes-là et les questions qu'ils soulèvent renvoient aux problèmes majeurs d'aujourd'hui. Ce numéro de la Revue du MAUSS (qui a introduit ce débat sur Polanyi en France il y a vingt-cinq ans) fait le point sur le statut de cette œuvre singulière.

     Ce n° 29 de la Revue du MAUSS a été élu "Livre du mois" par Alternatives économiques. Cliquez ici pour découvrir les commentaires et réactions à ce numéro.

Avec des contributions de : G. Azam, A. Caillé, D. Girardot, K. Polanyi, S. Latouche, C. Laval, J.-L. Laville, R. Le Velly, S. Malsan, J. Maucourant, G. Sabin, J.-M. Servet et alii, Ph. Steiner.

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  Numéros épuisés (mais à nouveau disponibles sous forme numérique)
RdM35 La gratuité

Penser la crise de l’école
Perspectives anti-utilitaristes
Revue du MAUSS semestrielle n° 28, 2e semestre 2006, 480 p.,
Version papier : 480 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 480 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-5001-0

      Qu’est-ce qui est en crise, au bout du compte, dans l’école en France? La manière de transmettre les savoirs, trop éloignée de la pédagogie ancienne ou, au contraire, mal adaptée à la mutation des publics ? L’inadéquation croissante des formations à la structure des emplois? Et ces évolutions sont-elles imputables à la sclérose de l’école ou à la situation socio-économique ? L’école souffre-t-elle d’être trop attachée à la défense d’une culture générale vieillie ou, au contraire, d’avoir déjà succombé à une exigence utilitariste de rentabilisation des diplômes ? La seule chose certaine, c’est que nous sommes bel et bien confrontés à une crise grave de la transmission des connaissances institutionnellement légitimes. Pour sortir des querelles particulièrement féroces en France sur la question et en permettre une approche plus sereine, il est important de partir du caractère multidimensionnel de la crise scolaire – à la fois crise des méthodes, des finalités, du sens, de l’autorité, du rapport aux publics et aux emplois. Tel est le parti pris de ce dossier.
     Mais qu’apporte à ce débat une perspective anti-utilitariste ? Sans doute la possibilité de soulever des questions souvent trop négligées : que signifie donner et recevoir (et rendre) un savoir ? Et un savoir qui vaut pour et par quoi : sa valeur intrinsèque, son utilité pour les individus ou son rôle de ciment d’une collectivité humaine ? Comment bien faire la part dans l’acquisition des connaissances de la quête du diplôme et de l’intérêt pour la connaissance elle-même ? De l’autorité et de la complicité du maître ? De l’obligation d’apprendre et du plaisir de comprendre ? Ici comme ailleurs, la bonne réponse n’est-elle pas que les savoirs susceptibles de devenir réellement utiles sont surtout ceux pour lesquels on s’est au moins un peu pris de passion ?

Avec des textes de : S. Beaud, M. Buttet, Ph. Chanial, J. Dewey, F. Dubet, M. Duru-Bellat, F. Flahault, G. Gagné, S. Garcia, P. Imbert, A. Joste, L. Lafforgue, J.-P. Lambert, Ch. Laval, Ch. Mallet, J. Méard, E. Morin, N. Nafissa, G. Pauze, T. Poullaouec, F. Poupeau, J. Rémy, T. Ryam, R. Sue, J.-P. Terrail, , B. Viard, R. Wainer, S. Yu.
et des contributions hors dossier de : A. Bouvier, R. Hamayon, N. Heinich, G. Massiah, P. Michon, P. Pharo, G. Schumacher, M. Terestchenko.

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Introduction
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RdM35 La gratuité

De l’anti-utilitarisme
Anniversaire, bilan et controverses
Revue du MAUSS semestrielle n° 27, 1er semestre 2006,
Version papier : 544 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 544 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4897-0

    Qui ne veut pas lutter contre l'économisme, qui n’est pas anti-économiciste aujourd'hui ? Que ce soit pour s’opposer aux fermetures d’usines, aux délocalisations, à la baisse des salaires ou, plus généralement, à la subordination croissante aux impératifs du marché de toutes les sphères de l’existence sociale – la culture, l’École, le sport, la technique, la science, la politique, etc. – , tout lemonde proclame fortement qu’il y a « autre chose » à prendre en compte que la nécessité économique. « Autre chose », mais quoi ? Faute de le préciser, le risque est de se cantonner dans un moralisme imprécateur et impuissant.
     Un des paris – à la fois théorique, anthropologique, et existentiel – du MAUSS est que la racine première de l’économisme (du triomphe théorique et pratique de l'économie) est à rechercher dans une conception utilitariste (disons instrumentale) de l’homme et du monde, et que, symétriquement, c’est dans l’anti-utilitarisme (tel notamment que Marcel Mauss en dessine les contours dans son Essai sur le don) qu’il y a lieu de puiser les ressources d’un anti-économisme effectif.
     Mais que doit-on entendre, en définitive, par « utilitarisme » et « anti-utilitarisme »? Ce numéro, qui célèbre le vingt-cinquième anniversaire du MAUSS, tente une sorte de bilan de cette discussion en donnant sur ce point la parole à ses amis et alliés, mais aussi, comme à son habitude, à ses adversaires.

Avec des textes de : A. Caillé, F. Compin, S. Crépon, P.-L. Dorion, M. Douglas, S. Dzimira, N. Eber, Falafil, C. Ferraton, F. Flahault, F. Fourquet, G. Gendre, J.T.Godbout, P. Jorion, S. Latouche, Ch. Laval, J.-L. Laville, P.-É. Lemontey, F. Lordon, O. Romano, J. Roucloux, I. Silber, F. Vandenberghe, F. Vatin, X…
et des contributions hors dossier de : M. Chollet, J. Dewitte, F. Flipo, F. Fourquet, B. Lahire, D. Martucelli, J. Porcher, H. Raynal et l'Artiste anonyme.

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Alter-démocratie, alter-économie
Chantiers de l’espérance
Revue du MAUSS semestrielle n° 26, 2e semestre 2005,
Version papier : 464 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 464 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4762-1

    Le précédent numéro de la Revue du MAUSS dressait le constat de l’existence d’un malaise, à tout le moins, dans la démocratie. Le doute sur ses potentialités et sur sa réalité s’étend chaque jour un peu plus. Mais jusqu’où convient-il de désespérer ? La seule chose sûre est que, dans leur état actuel, les mécanismes de la démocratie représentative ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes et qu’il faut revigorer l’esprit même de la démocratie.
     Ce sont les modalités, les potentialités et les limites de ces alternatives à la démocratie représentative – démocratie participative, associationniste ou directe, forums plus ou moins hybrides, organisations ou coopérations en réseau, etc. – bref, de tout ce qui relève de l’alterdémocratie, que le présent numéro se propose d’examiner et d’évaluer, avec une réouverture symétrique du débat sur l’alteréconomie. Face à la menace, qui se précise, d’une crise économique et environnementale de très grande ampleur, les perspectives d’une « décroissance conviviale » et d’une redéfinition de la richesse sont-elles crédibles ? Et quels rapports entretiennent-elles avec l’idéal démocratique ?
     Tout ici est en chantier, les chantiers de l’espérance. Pour éviter les désillusions, il reste, sans doute, à mieux faire apparaître le dénominateur commun à ce qui se cherche ici et là. Peut-il s’agir d’autre chose, en définitive, que de bâtir une social-démocratie planétaire, radicalisée et universalisée, capable d’intégrer dans son programme la fragilité de la nature, la diversité des cultures et des systèmes politiques, comme les limites à la fois de la démocratie représentative et de la richesse marchande ?

Avec, sur ce thème, des articles de : M. Bauwens, A. Berthoud, A. Caillé, P. Gary, S. Dufoix, F. Flahault, F. Flipo, J.T. Godbout, D. Graeber, B. Guibert, J.-M. Harribey, A. Insel, P. Jorion, J.-P. Lambert, D. Lapon, S. Latouche, B. Liatard, S. Malsan, J.-P. Russier, R. Sussan, P. Viveret, I. Wallerstein, J.-P. Worms
et, en Libre Revue : S. Latouche, P Michon, S. Pasquier, J.-P Siméon.

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Malaise dans la démocratie
Le spectre du totalitarisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 25, 1er semestre 2005,
Version papier : 528 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 528 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4613-7

    Il y a seulement quelques années, on pouvait raisonnablement espérer une extension planétaire rapide de la démocratie. Aujourd’hui, les doutes nous assaillent de partout. Des régimes qui semblaient y avoir accédé basculent à nouveau dans la dictature (Russie), d’autres ne semblent pas près d’en sortir (Chine), des régions entières sombrent dans le chaos (Afrique, une partie de l’Amérique du Sud ou du centre, etc.) Quant à la tentative d’exporter la démocratie par la force, en Irak ou au Moyen-Orient, elle pose au minimum problème. Face à cette régression des idéaux démocratiques, c’est notre manière même de les penser qui doit être interrogée.
     La question n’est plus seulement de savoir si ces idéaux nés en Occident sont exportables ailleurs, universalisables, mais s’ils sont encore effectifs et vivaces en Occident même. Et à quel degré. Pour certains, nous entrons dans une ère de barbarie douce, d’oligarchie ou de ploutocratie, mais aussi affaissées soient-elles, nos démocraties restent des démocraties. Pour d’autres, le couplage à peu près vertueux du marché et de la démocratie (l’un appelant l’autre) est aujourd’hui épuisé : nous serions désormais, en Occident aussi, sortis de l’orbe de la démocratie, et nos régimes n’auraient plus de démocratiques que le nom, la forme et la rhétorique.
     Mais que sont-ils alors ? Un totalitarisme nouveau ? Un « globalitarisme » ? Autre chose encore ? Ce débat est infiniment complexe. Pourtant, il n’en est sans doute pas de plus essentiel et de plus urgent. Ce numéro du MAUSS tente de lui donner toute sa consistance.

Avec, sur ce thème, des articles de : J. Baechler, J.-M. Besnier, A. Caillé, Ph. Corcuff, V. Desmeuliers, J. Dewitte, M. Freitag, G. Gagné, D. Howard, A. Joxe, S. Kalberg, J.P. Le Goff, P. Michon, J.-P. Russier, P. Tafani.
Et, en Libre Revue : F. Fourquet, G. Gendre, H. Lopes, P. Michon, V. Mihailescu, L. Moreau de Bellaing, K. Owana, E. Pulcini, R. Sobel, S. Vibert, et un artiste anonyme...

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Introduction
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RdM35 La gratuité

Une théorie sociologique générale est-elle pensable ?
De la science sociale
Revue du MAUSS semestrielle n° 24, 2e semestre 2004,
Version papier : 480 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 480 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4463-0

    Pour qui « croit » en la sociologie, pour qui est persuadé qu’elle a ouvert la voie à une interrogation sans égale de l’histoire et de la vie en société, il est quelque peu décourageant de constater qu’elle apparaît, chaque jour davantage, éclatée, tiraillée entre de multiples écoles et courants réputés inconciliables. Faut-il donc abandonner définitivement tout projet d’une sociologie générale et d’une unification minimale de l’enseignement de la sociologie ? Et si oui, pourquoi ? Parce que l’idée même d’une généralité théorique serait intrinsèquement fautive ? Pour des raisons historiques, l’époque étant au bricolage postmoderne et à la décomposition de toute société par le marché mondialisé ? Doit-on alors faire son deuil de toute théorie sociologique, à grande ou moyenne portée ? Existe-t-il, au contraire, des possibilités théoriques encore sous-estimées et inexploitées ?
     Comment formuler utilement les réponses à de telles questions ? La meilleure manière était de les poser sans ambages à tout un ensemble de théoriciens parmi les plus reconnus de la discipline. À les lire, on s’aperçoit, avec surprise, que les écarts entre les écoles sociologiques sont peut-être moins insurmontables que prévu. Une certaine unité, dialogique, s’esquisse même, à partir du moment où l’on cesse de penser la sociologie comme une science sociale spécialisée et qu’on (re)commence à la tenir pour ce qu’elle a toujours voulu être, la science sociale, à laquelle contribuent tout autant philosophes, économistes, anthropologues, géographes ou historiens. Une discipline se penche ici sur son passé et sur son avenir. C’est là un moment de réflexivité assez exceptionnel, dont on peut attendre de multiples prolongements et retombées.

Avec, sur ce thème, des articles de : M. Archer, J. Baechler, R. Boudon, A. Caillé, P. Donati, F. Dubet, S. Eisenstadt, J.-P Dupuy, M. Freitag, D. Graeber, H. Joas, S. Kalberg, B. Latour, L. Quéré, A. Rawls, I. Silber, L. Thévenot, A. Touraine, H. White.
Et, en Libre revue : J. Godbout, M. Hénaff, B. Lengaigne, N. Postel, M. Singleton, F. Vandenberghe, S. Vibert.

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RdM35 La gratuité

De la reconnaissance
Don, identité et estime de soi
Revue du MAUSS semestrielle n° 23, 1er semestre 2004,
Version papier : 512 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 675 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4246-8

      Pendant au moins deux siècles, l’essentiel du conflit dans les sociétés modernes aura porté sur les inégalités économiques. Depuis les deux ou trois dernières décennies, au contraire, il s’organise au premier chef à partir de la question dite de la reconnaissance : qu’il s’agisse du genre, des minorités ethniques, culturelles ou religieuses, de la sexualité, mais aussi des conflits économiques eux-mêmes, tout le monde veut d’abord voir reconnue et respectée son identité, individuelle et/ou collective. Sans cette reconnaissance, qui fournit les bases de la dignité et de l’estime de soi, nous ne saurions vivre. Mais identité, respect et reconnaissance peuvent-ils se produire et se distribuer de la même manière que les biens économiques ? Sont-ils même susceptibles d’être distribués de manière égale ?
     Ces questions sont, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne, au cœur des débats les plus aigus de la philosophie morale et politique contemporaine – et aussi au cœur des luttes sociales bien concrètes pour la reconnaissance, évidemment. Ce numéro, qui accueille certains des principaux protagonistes du débat, y fournit une solide introduction. Mais, au-delà, sont esquissées ici des reformulations inédites qui proposent, dans le sillage de Hegel, d’Arendt et de Marcel Mauss, de lier étroitement l’interrogation sur la reconnaissance à la question du don agonistique. Le don n’est-il pas en effet le moyen par lequel s’opère la reconnaissance de l’autre, à la fois dans son altérité et dans son identité ? Par lequel on mesure sa valeur ? Et, réciproquement, être reconnu, n’est-ce pas être reconnu comme un donateur généreux, que ce soit de son temps, de son énergie, de ses talents ou de son travail ? Et n’est-ce pas également à ce titre qu’on est susceptible d’être estimé et de s’estimer soi-même ?

Avec, sur ce thème, des articles de : M. R. Anspach, S. Aumercier, G. Berthoud, J.-L. Boilleau, A. Caillé, M. P. di Bella, E. Flahault, N. Fraser, J. T. Godbout, S. Haber, M. Hénaff, A. Honneth, A. Iteanu, J.-P. Lambert, Ch. Lazzeri, L. Maitrier, P. H. Martins, A. Pigliaru, E. Renault, R. Sobel, M. Terestchenko, B. Viard.
Et, en Libre revue : J.-P. Dupuy, S. Latouche, M. Mauss, J. Porcher, J. Roucloux, G. Séraphin, E. Patin.

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Qu’est-ce que le religieux ?
Religion et politique
Revue du MAUSS semestrielle n° 22, 2e semestre 2003,
Version papier : 448 p., 30 euros
Version numérique (PDF) : 448 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-4186-0

      N’est-il pas tentant de chercher les causes du terrorisme et du fanatisme dans la religion et de faire l’hypothèse que si elle venait à perdre de son importance, alors toutes les sociétés trouveraient enfin la démocratie, la paix et la prospérité ? Cette hypothèse paresseuse n’est pas tenable. N’est-ce pas une lutte toute religieuse du Bien contre le Mal qui inspire la politique internationale de George W. Bush ? Symétriquement, les pires ennemis de la démocratie, les régimes totalitaires communistes ou nazis, n’ont-ils pas été violemment antireligieux ? La réflexion sur le fait religieux et sur ses rapports au politique est donc essentielle pour comprendre les phénomènes contemporains les plus déterminants. Les sciences sociales nous y aident-elles ?
      D’abord soucieux de saisir la société moderne de la manière la plus objective possible, tous les grands sociologues classiques ont abouti à la conclusion qu’à la racine de la société, on trouve le religieux. Mais, après deux siècles de discussion, nous ne savons toujours pas si le concept de sacré est tenable et si l’espoir de définir la religion a encore un sens. Ne suppose-t-il pas la croyance en une essence pérenne et substantielle du religieux, identique à elle-même par-delà ses avatars ? Mais comment fixer une telle essence ? Quel rapport entre les religions primitives et les grandes religions universelles ? Comment expliquer le retour contemporain de la croyance religieuse sur les décombres des religions instituées ? Etc.
     Voilà quelques-unes des questions essentielles, mais toujours irrésolues, auxquelles ce numéro du MAUSS entend s’attaquer en les posant sans ambages à certains des principaux auteurs pertinents en la matière.

Avec, sur ce thème, des articles de : Mark Anspach, Hannah Arendt, Maria Pia Di Bella, Alain Caillé, Françoise Champion, Jacques Dewitte, Paul Dumouchel, François Fourquet, Marcel Gauchet, Danièle Hervieu-Léger, Leszek Kolakowski, Jean-Paul Lambert, Philippe de Lara, Patrick Michel, Jules Monnerot, Fabien Robertson, Lucien Scubla, Michaël Singleton, Camille Tarot, Shmuel Trigano, Jean-Paul Willaime.
Et, en Libre revue : Pierre Bitoun, Pierre Dumesnil, Bertrand Liatard, Louis Maîtrier, Sylvain Pasquier, Joël Roucloux, Raphaël Serrail et François Vatin.

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L’alter-économie
Quelle « autre mondialisation » ? (fin)
Revue du MAUSS semestrielle n° 21, 1er semestre 2003,
Version papier : 432 p., 29,50 euros
Version numérique (PDF) : 432 p., 15 euros
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(*: paiement sécurisé par carte via Paypal™, puis lien par courriel) ISBN 2-7071-4078-3

    « Un autre monde est possible » affirment les no global, ceux qui ne se disent plus aujourd’hui « anti » mais « altermondialistes ». Mais un autre monde est-il possible sans une autre économie ? Et cette visée d’une alteréconomie est-elle réaliste ? Économie solidaire, économie sociale, économie informelle, microfinance, commerce équitable, etc., tout cela fait-il une alternative économique véritable au capitalisme ? Telle est la question qu’affronte ce numéro de La Revue du MAUSS en mêlant le récit et l’analyse de multiples expériences à une discussion proprement théorique bien nécessaire : au bout du compte, n’est-ce pas la conception reçue de ce qui fait l’économie et la richesse qu’il convient d’interroger, mais en se méfiant des solutions de facilité et des pseudo-alternatives ?
     Au terme de cet examen, une conclusion finalement assez claire se dégage, même si elle peut sembler paradoxale. Toutes ces expériences économiques alternatives sont vitales, passionnantes et nécessaires au plus haut point. Mais elles ne forment pas tant une autre économie qu’une autre manière de se rapporter à l’économie. Ce qui leur donne leur force, c’est l’exigence de justice, de solidarité et de réciprocité dont elles sont porteuses. Paradoxalement, c’est cette subordination de l’économique au social, au politique et à l’éthique qui est pour elles la condition du succès économique. À la condition de l’assumer et de ne pas croire posséder des recettes alteréconomiques magiques.

Avec des contributions de : M. Abélès, P. Amouroux, M. Arruda, G. Azam, A. Berthoud, E. Bidet, M. Boulianne, A. Caillé, G. Carvalho, A. S. Fall, X. Fourt, L. Fraisse, L. I. Gaiger, C. Guèye, P. W. Johnson, L. Kossols, J.-P. Lambert, S. Latouche, B. Lautier, J.-L. Laville, G. Massiah, N. Neamtan, H. Ortiz, B. Perret, H. Primavera, R. Ryvkina, A. Sen.
Et en libre revue : P. Batifoulier, S. Dzimira, G. Nicolas, N. Poirier, J. Roucloux, B. Ventelou.

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Quelle « autre mondialisation » ?
 
Revue du MAUSS semestrielle n° 20, 2e semestre 2002,
Version papier : 368 p., 27 euros
Version numérique (PDF) : 368 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3876-2

      Il y a beaucoup de raisons de s'opposer aux formes actuelles (ultralibérales, dérégulationnistes et antipolitiques) de la mondialisation – la principale étant qu'elles s'accompagnent d'une tendance apparemment irrépressible à transformer toute chose, toute activité et toute relation humaine en marchandise.
     Mais toutes ces raisons ne sont pas nécessairement cohérentes entre elles. Si leur diversité est une richesse, comme on l'a vu à Porto Alegre, leur hétérogénéité constitue un obstacle à la construction d'alternatives plausibles, viables et durables. on doit donc se demander : qu'est-ce qui, dans le discours de contestation de la globalisation, relève de la nostalgie impuissante ou de l'utopisme stérile ? Qu'est-ce qui, au contraire, est susceptible de rallier les suffrages d'une bonne partie de l'humanité et de dessiner de manière effective, et pas seulement dans le rêve ou le ressentiment, les contours d'un autre monde ?
     C'est à ce travail de clarification que ce numéro de La Revue du MAUSS s'attaque en organisant une confrontation entre analystes de bords différents et en interrogeant la société-monde qui naît. Le débat, sans concession, fait apparaître quatre grandes positions : le refus de toute mondialisation, le refus de la mondialisation capitaliste, un réformisme pragmatique et un réformisme qui ne renonce pas aux idéaux.
     La principale leçon qui s'en dégage est que la condition première d'une autre mondialisation plausible tient dans la reformulation d'un idéal démocratique effectivement universalisable et adapté à la nouvelle donne, un idéal de « démocratie durable » en somme. Mais cette reviviscence de l'idéal démocratique n'implique-t-elle pas à son tour une réflexion nouvelle sur le fondement des normes éthiques auxquelles nous croyons devoir tenir ?

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : J. Baechler, A. Caillé, C. Chavagneux, D. Cohen, P. Combemale, F. Fourquet, F. J. Généreux, A. Insel, A. Joxe, Z. Laïdi, P. Lamy, S. Latouche, E. Morin, C. Mouffe, T. Negri, M.-D. Perrot, D. Plihon, P. Zarifian.
ET DES CONTRIBUTIONS HORS DOSSIER DE : N. Alter, A. de Toledo, J. T. Godbout, C. Papilloud, J. Porcher, B. Viard.

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Y a-t-il des valeurs naturelles ?
 
Revue du MAUSS semestrielle n° 19, 1er semestre 2002,
Version papier : 400 p., 29,50 euros
Version numérique (PDF) : 400 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3764-2

      La tentation naturelle des sciences sociales, et en particulier de la sociologie, est de postuler que rien n'est naturel, puisque toute institution, toute croyance, toute valeur est le résultat d'une construction historique et sociale. Et, en un sens, cette affirmation est irréfutable. Mais, mal comprise, elle est aussi dangereuse. Devons-nous en déduire que tout se vaut, et donc que rien ne vaut ? Qu'il n'existe aucun critère permettant de fonder nos valeurs et d'arbitrer entre elles ? Que le choix de la démocratie plutôt que du despotisme, de la paix contre la guerre ou de la justice contre l'arbitraire est radicalement indécidable ?
     Voilà le défi de pensée central que les sciences sociales et la philosophie morale et politique doivent relever, pour ne pas sombrer dans l'insignifiance. Les deux précédents numéros de la Revue du MAUSS en avaient examiné certaines des dimensions épistémologiques et socio-économiques. Il faut maintenant aller au cœur du débat et se demander résolument : « Y a-t-il des valeurs naturelles »
       Au fil des réponses proposées ici, on voit s'ébaucher une stratégie de réponse proprement maussienne, mais qui pourrait bien rallier l'ensemble des suffrages. Elle s'articulerait à partir de deux propositions : pour l'homme, la nature c'est la culture ; ce qui institue la culture en tant que telle, c'est le geste du don qui arrache les sujets à la naturalité et à l'instrumentalité pour les ouvrir à l'altérité et à la liberté

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : J. Baechler, R. Boudon, A. Caillé, F. Cantelli, P. Chanial, T. Collette, C. Cooley, J. Dewey, J. Dewitte, M. Dion, F. Fourquet, F. La Cecla, S. Pasquier, A. Rawls, J. Rémy, A. Revillard, L. Scubla, A. Touraine.
ET DES CONTRIBUTIONS HORS DOSSIER DE : M. Gauchet, J.-P. Lacourte, S. Latouche, E. Magnani-Soares Christen, R. Misrahi, A. Poinas, J.-L. Prat, H. Raynal, C. Roy.

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Travailler est-il (bien) naturel ?
Le travail après la « fin du travail »
Revue du MAUSS semestrielle n° 18, 2e semestre 2001,
Version papier : 400 p., 29,50 euros
Version numérique (PDF) : 400 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3594-1

      On nous annonçait hier la fin du travail. Aujourd'hui, la croissance revenue, on nous dit que le plein-emploi est pour demain. Mais est-il sûr que ce soit toujours du même travail qu'il s'agisse ? Qu'entre celui qu'on voyait s'effriter, le travail statutaire assorti de multiples garanties, et le travail sans qualités, précaire et jetable qui se développe, entre l'emploi au sein des grandes organisations et l'emploi en réseau, il y ait une véritable continuité ?
     Voilà une première série de questions sur lesquelles il importe de faire le point. Mais le véritable problème posé, au-delà de celui qui opposait en sourdine les partisans supposés de la « fin du travail » et leurs pourfendeurs – et qui reste essentiel –, est celui qui porte sur la valeur et la désirabilité du travail et/ou du salariat. Le travail implique la pénibilité, le salariat la subordination. Pourtant, c'est par cette subordination même, par l'accès à la condition salariée, que le plus grand nombre entend se libérer ( y a-t-il, en tout état de cause, d'autre choix ?). Ce qui n'empêche pas de désirer aussi s'en libérer afin de garder le plus de temps possible pour soi.
       Libératrice ? Aliénante ? Manifestement, la relation de travail est lourde d'énigmes multiples dont l'examen impose un détour anthropologique seul à même d'éclairer la question qui sous-tend tous les débats d'actualité : travailler est-il (bien) naturel ? Et le travail qui se développe après la « fin du travail » est-il toujours le travail, tel qu'on le connaissait jusqu'alors ?

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : Y. Benarrosch, A. Berthoud, J-L. Boilleau, A. Caillé, D. Clerc, F. Gollain, A. Gorz, P. d'Iribarne, A. Jacob, M. Lallement, J.-L. Laville, C. Mallet, J. Marejko, D. Méda, P. Rospabé, F. Vatin, P. Veltz, H. Zajdela, R. Zoll.
ET DES CONTRIBUTIONS HORS DOSSIER DE :V. Descombes, M. Guillou, J. Lazar, L. Maîtrier, L. Scubla.

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Chassez le naturel
Écoçlogisme, naturalisme et constructivisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 17, 1er semestre 2001,
Version papier : 448 p., 29,73 euros
Version numérique (PDF) : 448 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3501-1

      Tchernobyl, Erika, vache folle, clonages divers, effet de serre, pollutions en tous genres, etc. À n’en pas douter, nous vivons dans la « société du risque ». À tel point que l’objectif de sauvegarder ce qu’il subsiste de la Nature semblerait devoir aisément l’emporter sur tout autre. Pourquoi dans ces conditions peine-t-il autant à s’imposer dans les faits ? Parce qu’il se heurte à de multiples intérêts économiques et financiers, assurément. Mais aussi, peut-être, pour une autre raison plus subtile et plus troublante.
     Pour défendre la nature, encore faudrait-il être sûr qu’elle existe et que quelque chose puisse être à coup sûr réputé de l’ordre du naturel. Or une telle hypothèse va à l’encontre de la pente actuellement dominante des sciences sociales : la certitude qui tend à s’imposer partout, c’est en effet que, de l’ensemble des institutions sociales aux réalités même du monde physique, rien n’est vraiment naturel, parce que tout serait « construit ».
       Or quelle nature défendre, et comment, si, de part en part elle se révèle artificielle ? Il n’y a peut-être pas de question théorique, éthique et politique plus centrale. Car faute de la poser avec un minimum de clarté, nous sommes condamnés à osciller indéfiniment entre deux impératifs, évidents s’ils sont pris séparément, et contradictoires quand ils sont énoncés ensemble : tout faire pour sauver la Nature, d’une part, et, de l’autre, déconstruire le naturalismes et l’essentialisme, derrière lesquels s’abritent tous les conservatismes réactionnaires.
     Comment penser aujourd’hui l’idée de nature ? Comment se rapporter au risque ? Comment, en matière de théorie de la connaissance, arbitrer entre les postures réalistes qu’affectionnent les blouses blanches et les thèses constructivistes que cultivent volontiers les sciences sociales en général et la sociologie de la science en particulier ? Peut-on renoncer à un naturalisme et un réalisme naïfs sans pour autant verser dans un relativisme autodestructeur ? Sur ces questions — qui font la trame de ce qu’on peut appeler la querelle du constructivisme —, interviennent avec force et sans concession, dans ce numéro de La Revue du MAUSS, un certain nombre des principaux protagonistes français et étrangers de ce débat théorique et épistémologique redoutable dont les enjeux sont si immédiatement et fortement pratiques.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : U. Beck, A. Caillé, D. Céfaï, P. Chanial, B. Conein, P. Corcuff, P. De Lara, J. Dewitte, P. Hacker, S. Latouche, B. Latour, J.-L. Le Moigne, M. Lynch, A. Masse, D. Pestre, L. Quéré, H. Raynal, R. Redeker, J. Roucloux, J.-P. Siméon, K. Soper, D. Trom, F. Vandenberghe, L. Zerilli.

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L’autre socialisme
Entre utilitarisme et totalitarisme
Revue du MAUSS semestrielle n° 16, 2e semestre 2000,
Version papier : 416 p., 26,68 euros
Version numérique (PDF) : 416 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3348-5

      Il y a vingt-cinq ans, le libéralisme économique semblait mort et enterré. Aujourd'hui, ressuscité de ses cendres, il triomphe mondialement, et aucune idéologie ne semble plus en mesure de le contrer. Le marxisme a du mal à se remettre de sa liaison coupable avec le totalitarisme communiste et de l’autodestruction des « socialismes réels ». Du coup, la référence au socialisme apparaît désuète. Comme si, privées du repoussoir communiste, les idéologies social-démocrates — ces socialismes atténués et euphémisés —, si nécessaires qu’elles aient été pour civiliser le capitalisme d’après-guerre, apparaissaient subitement fades et sans saveur. Si l’essentiel est uniquement l’accroissement du niveau de vie, ne vaut-il pas mieux laisser faire le marché ?
     Pourtant, à réexaminer, de Saint-Simon à Jaurès, la tradition du socialisme français — trop vite qualifié d’utopique par le marxisme —, on s’aperçoit qu'il était et reste porteur d’autres possibles. Certes, elle n’a pas su clarifier suffisamment ses rapports à l’utilitarisme benthamien, à la « dogmatique de l’égoïsme » — cette matrice commune au socialisme et au libéralisme —, et au sacrificialisme altruiste qui allait accoucher de la composante totalitaire du communisme.
     Mais, à mi-chemin de ces deux écueils, cette relecture révèle une pensée audacieuse de la solidarité par association, l’attente d'un socialisme « associationniste » qui ne succomberait ni à la dissolution libérale dans les intérêts individuels, ni à la fusion totalitaire des intérêts dans une communauté fantasmatique. À l’heure où la tâche qui nous attend est de contribuer à l’émergence et à la consolidation d’une société civile associationniste, cette tradition est sans doute la source d'inspiration la plus précieuse qui nous reste.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : P. Bitoun, A. Caillé, D. Céfaï, P. Chanial, G. Delfau, M. Dion, B. Eme, R. Frégosi, C. Gaillard, L. Gardin, M. Herland, D. Howard, J. Jaurès, S. Kalberg, J.-L. Laville, J.-P Le Goff, P. Leroux, B. Maton, J.–F Marchat, J-C. Michéa, B. Perret, B. Théret, Y Vaillancourt, B. Viard, J. Viard.

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Éthique et économie
L’impossible (re)mariage
Revue du MAUSS semestrielle n° 15, 1er semestre 2000,
Version papier : 432 p., 26,68 euros
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ISBN 2-7071-3279-9

      Pour la science économique dominante, l’affaire est entendue : c’est le libre jeu des intérêts et du calcul égoïste propres à l’Homo œconomicus qui gouverne l’économie ; et l’exhortation à l’altruisme, au don pur et désintéressé, ne relève que de la morale. À nous de nous débrouiller avec cette injonction contradictoire, qui fait croître le cynisme à proportion de l’angélisme.
     Que cette rupture de l’éthique et de l’économie soit potentiellement destructrice de l’une comme de l’autre, on le pressent aisément. Mais comment procéder au remariage après le divorce ? L’impressionnante vogue de l’éthique de l’entreprise, ici examinée, laisse des sentiments mitigés : comment démêler ce qui témoigne d’un véritable progrès de l’exigence éthique de son instrumentalisation ? C’est donc pas à pas, avec rigueur et précaution, qu’il faut tenter de recoller les morceaux.
     En examinant, du « commerce éthique » aux projets de réforme de l’entreprise, certaines des formes possibles du remariage. Mais surtout, en montrant l’impraticabilité théorique et pratique de l’économisme et du moralisme, ces frères à la fois ennemis et complices. Comment se prétendre moral, animé uniquement par une éthique de la conviction, si cela doit aboutir à revendiquer son irresponsabilité ?
   Au bout du compte, et contrairement à ce que ses promoteurs pouvaient croire, ce numéro du MAUSS conclut non seulement à la nécessité d’une réconciliation de l’éthique et de l’économie, mais aussi et surtout à sa possibilité. Même la perspective d’une science économique débarrassée de son amoralisme structurel apparaît au terme de cet examen à portée de main. Ne boudons pas cette touche d’optimisme inattendue !

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : I. AI-Naquid, J. Alric, C. Arnsperger, 0. Boiral, F Bowring, P. Cahuc, A. Caillé, M. Capron, E. Deléage, P. Dumesnil, C. Gendron, J. T. Godbout, M. Hénaff, A. Insel, R. Kempf, Y Lambert, S. Latouche, F. R. Mahieu, J. Maucourant, M. Mauss, R. Misrahi, C. Papilloud, T Perna, A. de Pontvianne, A. Salmon, I. Silber, M. Terestchenko, S. Trigano, G. Verna.
AVEC LES RÉACTIONS DE : F Bayrou, J.-P. Chevènement, J.-C. Guillebaud, Ph. Herzog, H. de Jouvenel, G. Lafay, R. Lesgard, M. Mathieu, C. Neuschwander, M. Rocard, Ph. Séguin
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Villes bonnes à vivre, villes invivables
Urbanisme, utilitarisme et démocratie
Revue du MAUSS semestrielle n° 14, 2e semestre 1999, 408 p., 175 F, 26,68 euros
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ISBN 2-7071-3155-5 

      Qu’est-ce qui fait que certaines villes semblent invivables tandis que d’autres dégagent un charme inépuisable ? Que tel ensemble architectural nous parle quand tel autre nous fait horreur ? On sait à quel point ces questions sont aujourd’hui difficiles à trancher. Car, nous détestons nos villes massifiées et fonctionnelles qui nous font regretter l’harmonie des villes anciennes ; et, en même temps, nous ne pouvons envisager de faire retour à celle-ci. Pourquoi faire de l’ancien avec du neuf, en effet ? Mais aussi : comment donc construire nos villes, désormais ?
      Telles sont les questions — les questions de tout le monde — auxquelles ont été invités à répondre les auteurs de ce numéro. Avec, au départ, une certitude : celle qu’il existe une étroite connivence et interdépendance entre le fonctionnalisme architectural et urbanistique — celui qui triomphe avec le Bauhaus et la charte d’Athènes, et qui cristallise la représentation de la modernité du XXe siècle — et l’utilitarisme théorique qui domine depuis deux siècles dans les sciences sociales, en philosophie politique et, sans doute, en politique tout court.
      C’est le résultat de cette première enquête, menée aussi bien par des architectes et des urbanistes que par des philosophes, des sociologues, des géographes ou des économistes, que nous livrons à la méditation du lecteur dans ce numéro.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : F. Benbekaï, M. Berman, P Calame, A. Caillé, C. Castoriadis, P. Cingolani, J. Dewitte, E. Fistetti, A.-M. Fixot, K. Gruber, B. Guerrien, M. Hénaff, S. Kalberg, E. Kallai, L. Krier D. Lapeyronnie, L. Maîtrier, J.-C. Michéa, C. Norbert-Schultz, H. Sedlmayr, G. Séraphin, N. Soulier, D. Temple, E. Vergara, M. Wiel..

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Le retour de l’ethnocentrisme
Purification ethnique versus universalisme cannibale
Revue du MAUSS semestrielle n° 13, 1er semestre 1999,
Version papier : 432 p., 26,68 euros
Version numérique (PDF) : 432 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3041-9

      En 1989, la chute du Mur de Berlin semblait annoncer la fin du mensonge et des illusions totalitaires. Pendant quelques années, le monde occidental se prit à rêver de la paix perpétuelle qu'amènerait l'extension rapide à toute la planète de l'économie de marché, des droits de l'homme, des technosciences et de la démocratie. D'un universalisme enfin accepté. Aujourd'hui, le cauchemar a succédé au rêve : partout dans le monde, on se massacre allégrement et des États se défont au nom de la pureté de la race ou de la religion.
     L'Occident aurait tort de croire que ce sont là affaires de barbares qui ne le concernent pas. D'abord, parce que le conflit se fait désormais sentir aux portes des démocraties les mieux ancrées (voir le Kosovo), et même en leur cœur. Et surtout, parce que cet effarant retour de l'ethnocentrisme au Sud et à l'Est semble proportionnel à la secrète violence impliquée par la norme universaliste occidentale. Comme si, derrière l'apparente neutralité de la marchandise, des images et du juridisme, nombre de peuples percevaient un ethnocentrisme paradoxal, celui de l'universalisme du Nord et de l'Ouest, d'autant plus dévastateur qu'il nie toute pertinence des différences culturelles.
     Dans une situation aussi dramatique, la pensée hésite. Impossible, au nom d'un relativisme irresponsable, d'avaliser les folies purificatrices. Impossible aussi, au nom d'un universalisme aveugle, de méconnaître les ravages produits par la prétention de l'Occident au monopole de la culture légitime. Mais impossible, tout autant, de renoncer à définir des normes éthiques, politiques et culturelles minimales que l'humanité entière soit effectivement susceptible de partager. Entre un relativisme sans principe et un universalisme cannibale, la voie est étroite, mais elle existe. Elle est celle d'un relativisme modéré, d'un « pluriversalisme ». C'est elle que les auteurs de ce numéro de la Revue du M.A.U.S.S. invitent les lecteurs à explorer avec eux.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : J-P. Berlan, J. Blanc, J.-L. Boilleau, A. Caillé, E. Cassano, C. Castoriadis, E. Eberhard, J. -B. de Foucauld, E. Fourquet, J. T. Godbout, E. Laclau, S. Latouche, C. Lévi-Strauss, B. Martin, S. Mêle, G. Nicolas, R. Panikkar, D. Perrot, H. Raynal, P. Renault, A. Rivera, P. Rospabé, J.-.M. Servet, M. Singleton, D. Temple.

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Introduction
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RdM35 La gratuité

Plus réel que le réel, le symbolisme
 
Revue du MAUSS semestrielle n° 12, 2e semestre 1998,
Version papier : 432 p., 29,73 euros
Version numérique (PDF) : 432 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-2914-3

      Pour le sens commun, est symbolique ce qui se substitue à la réalité, et qui se révèle être moins qu’elle. Mais pour les sciences sociales, le symbole est plus réel que la réalité même : depuis un siècle, la nature symbolique de la réalité sociale est largement reconnue. Central aussi bien dans la psychanalyse lacanienne que dans l’anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss, ce thème inspire nombre de débats actuels sur la « perte des repères symboliques » que représenteraient la procréation médicalement assistée, le clonage des êtres humains, la « réalité virtuelle » ou le mariage des homosexuels.
     Pour aider à comprendre les enjeux de ces débats, les auteurs de ce numéro de la Revue du MAUSS s’interrogent sur les diverses acceptions de la notion de symbolisme. Ils rappellent que le véritable inventeur de son usage moderne fut Marcel Mauss, qui y a fait converger les notions de sacré, de religion ou de représentations collectives. Et ils montrent comment ce concept, venu de la religion puis de la philosophie jusqu’à la sociologie, a ensuite largement déserté cette discipline pour les rives de l’ethnologie puis. de la psychanalyse et de la littérature d’« avant-garde ». Au point que le symbolisme, livré au jargon, écartelé entre les chapelles, est devenu peu à peu inintelligible, et voué à tous les obscurantismes.
     Pourtant, en effet, les hommes ne font société et ne deviennent sujets que liés par des symboles : la tradition intellectuelle française a raison. C’est à sa redécouverte nécessaire qu’invite cet ouvrage.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : A. Babadzan, G. Berthoud, J.-L Boilleau, A. Caillé, B. Cannone, M. Chabal, M. Dion, I. Ditchev, D. Duclos, S. Dzimira, J. Godbout, H. Guillemin, R. Hamayon, S. Laflamme, S. Latouche, D. Lebreton, M. Mesnil, V. Mihailescu, R. Misrahi, A. Ratouis, H. Raynal, J. Rémy, P. Rospabé, L. Scubla, C. Tarot, D. Temple, T. Vandevelde.

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Introduction
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RdM35 La gratuité

Une seule solution, l’association ?
Socio-économie du fait associatif
Revue du MAUSS semestrielle n° 11, 1er semestre 1998,
Version papier : 368 p., 26,68 euros
Version numérique (PDF) : 368 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-2861-9

   Le sous-titre de cet ouvrage aurait pu être : « Pour contribuer aux cérémonies du cent-cinquantième anniversaire de la révolution de 1848 et du trentième de Mai 1968 ». Ce que ces deux événements ont en commun, c’est l’affirmation d’une spontanéité qui se dresse contre les pouvoirs établis pour ne reconnaître comme légitimes que les institutions issues de la libre association des hommes (et des femmes). « Une seule solution, la révolution », disait-on en 1968 ! Oui mais, répondait en somme à l’avance, en 1848, Pierre Leroux, l’inventeur du mot socialisme et le prophète lucide de tous les drames qu’allait engendrer une collusion trop étroite du socialisme et de l’étatisme, oui, mais à condition que ce soit la révolution de l’association.
   Il donnait ainsi naissance à une longue lignée de socialistes associatifs, dont en France Jean Jaurès et Marcel Mauss auront été parmi les plus grands représentants. Or il faut bien reconnaître qu’ils ont toujours succornbé face à des forces plus puissantes. Comme si l’association devait systématiquement céder le pas aux syndicats, les syndicats aux partis, les partis aux États. N’est-il pas temps, grand temps, d’amorcer un cheminement inverse en partant de la thèse que l’association est au cœur du rapport social, lorsque celui-ci ne se réduit pas à la contrainte ? Et que, dès lors, elle n’est rien d’autre que la démocratie en acte ?
   La question se pose d’autant plus qu’il apparaît chaque jour davantage qu’on ne peut plus tout miser uniquement sur les deux grands systèmes spécifiques de la modernité, le marché et l’État. Ils ne sont plus en mesure, à eux seuls, de procurer emploi, activité, dignité et estime de soi à tous. D’où la nécessité de faire émerger à côté d’eux et en interaction avec eux, un troisième pilier, à la fois économique, éthique et politique, la société elle-même en somme, dont le fer de lance serait constitué par les citoyens associés. Encore convient-il de ne pas idéaliser et de reconnaître toutes les contradictions auxquelles se heurte l’engagement associatif.
   Sur tous ces points, sur la théorie et la doctrine de l’association, sur ses déterminants et ses implications sociologiques et économiques, sur ses rapports avec le tiers secteur et l’économie solidaire, ce numéro du MAUSS offre un panorama français et international sans équivalent à ce jour.

AVEC LES CONTRIBUTIONS DE : S. Anheier É. Archambault, D. Bayon, A. Caillé, P Chanial, B. Enjolras, A. Evers, L Favreau, É. Gagnon, J. Godbout, P. Hirst, S. Juan, J.-L. Laville, P Lyet, M. Parodi, S. Pasquier L. Salamon, J.-M. Servet, M. Simonet, R. Sue, Y. Vaillancourt, B. Viard, G. Vincent, P. Watier, R. Zoll.

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RdM8 L'Obligation de donner

L’Obligation de donner
La découverte sociologique capitale de Marcel Mauss
Revue du MAUSS semestrielle n° 8, 2e semestre 1996
Version papier : 384 p., 29,73 euros
Version numérique (PDF) : 384 p., 15 euros
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ISBN 2-7071-3041-9

     Dans son Essai sur le don (1923-1924), Marcel Mauss, neveu de Durkheim et son successeur à la tête de l'école sociologique française, établissait que dans nombre de sociétés archaïques les échanges s'opèrent sous la forme de cadeaux obligatoirement donnés, acceptés et rendus. Il est aujourd'hui permis de penser que ce qu'il découvrait ainsi, ce n'est rien de moins qu'un universel sociologique et anthropologique capital. De tous, le plus essentiel peut-être. Mais si l'obligation de donner, mutatis mutandis, est bien universelle, est-il une découverte plus importante jamais effectuée par les sciences sociales que celle de Mauss ? Et qui concerne toutes les disciplines. Ne remet-elle pas en cause la portée méthodologique que les économistes attribuent au schématisme de l'Homo œconomicus ? Et si M. Mauss a raison lorsqu'il suppose avoir découvert là le « roc » de la morale éternelle, n'est-ce pas de cette découverte que les philosophes devraient au premier chef s'inspirer lorsqu'ils interrogent le bon, le bien et le juste ?
     Or, si Mauss est célèbre, chez les anthropologues notamment, il semble bien que le sens de sa découverte ait été perdu et que sa portée soit très sous-estimée. Les sociologues notamment, qui se réclament de Weber et de Durkheim, ont du mal à mesurer à quel point le neveu est allé au-delà de son oncle et combien l'école sociologique française, si elle s'initie bien avec Durkheim, culmine avec Mauss.
     Synthétisant les recherches menées par la Revue du MAUSS ces dernières années, mettant en perspective le mouvement de redécouverte de M. Mauss qui s'opère aujourd'hui (M. Fournier, M. Godelier, etc.), ce numéro redonne tout son éclat à l'Essai sur le don et renoue les fils d'une tradition de pensée qui s'était peu à peu perdue, au grand détriment des sciences sociales et de la philosophie.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : L. Babès, J.-L Boilleau, A. Caillé, M. Chabal, J. Dewitte, D. Fairchild, P. Fustier, J. Godbout, J.-J. Goux, B. Karsenti, J. Larcebeau, B. Ouedraogo, P Rospabé, I. Silber, C. Tarot, D. Temple, S. Trigano.

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Vers un revenu minimum inconditionnel ?
Revue du MAUSS semestrielle n° 7, 1er semestre 1996, 396 p., 195 Fs
Version numérique (PDF) : 15 euros
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ISBN 2-7071-2567-9

     Face à l’exclusion et à la montée du chômage, l’idée a été avancée d’allouer à tout citoyen un revenu minimum, sans aucune obligation en contrepartie. Proposition jugée utopique par la plupart des experts. Utopique vraiment ? Un tel don de citoyenneté n’est-il pas pourtant indispensable pour parachever l’aventure démocratique ouverte par la déclaration des droits de l’homme ? Et ne devient-il pas urgent de substituer à la suspicion et à la peur face aux exclus et aux chômeurs un vrai pari de confiance ? Cela n’implique-t-il pas de renoncer aux fictions de contrat sur lesquelles repose l’actuel RMI ? Et, plus encore, de se prémunir à tout prix contre les projets d’instaurer un travail obligatoire (workfare) qui gagnent du terrain un peu partout dans le monde et qui nous ramèneraient en plein XIXe siècle ?
     Bien sûr, ces propositions soulèvent de nombreuses objections, et elles ont donné lieu depuis plusieurs années à un débat de grande ampleur entre philosophes, sociologues et économistes. Ce débat est toutefois resté peu accessible aux non-specialistes : d’où l’intérêt de ce numéro exceptionnel de la Revue du MAUSS, qui donne la parole aux partisans comme aux adversaires d’un revenu minimum inconditionnel. De ce libre débat, il semble se dégager une conclusion, qui n’est pas partagée par tous, mais qui semble néanmoins susceptible d’obtenir un assez large consensus : celle qu’un des seuls moyens de répondre à la crise de la société salariale est peut-être de rendre irrévocable et cumulable l’actuel RMI, renouant ainsi avec son esprit initial, et que cette mesure ne sera efficace que si elle va de pair avec une politique active de partage-redistribution de l’emploi et d’encouragement au développement d’une économie solidaire.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : Jean Alric ; MarkAnspach ; Isabelle Astier ; Guy Aznar ; Jean-Michel Belorgey ; Pierre Bitoun ; Jean-Luc Boilleau, Yoland Bresson ; Alain Caillé ; Robert Castel ; Sandro Cattacin Philippe Chanial ; Bernard Eme ; Chantal Euzéby ; Jean-Marc Ferry ; Bernard Ginisty ; Jean-Marie Harribey ; Ahmet Insel ; Jean-François Laé ; Jean-Louis Laville ; Dominique Méda ; Daniel Mothé ; Numa Murard ; Thomas Paine ; Camille Tarot ; Philippe Van Parijs.

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Pour une autre économie
Revue du MAUSS semestrielle n° 3, 1er semestre 1994, 286 p., 165 F, 25,15 euros,
Version papier : 28,20 euros
Version numérique (e-book au format PDF) : 10 euros

     Le titre de cet ouvrage collectif est à dessein ambivalent : pour ses auteurs, c’est aussi bien le système économique que la manière de l’analyser qui doivent être changés. Dans cette période troublée, où s’évanouit le rêve de l’emploi à plein temps pour tous durant toute la vie, et où les économies nationales tendent à se dissoudre sous le choc de la mondialisation, il devient urgent de repenser l’économie. Et plus précisément de repenser conjointement la théorie économique et les politiques économiques.
     C’est ce programme qu’exposent avec rigueur les auteurs — principalement français et américains — de ce livre qui constitue le n° 3 de La Revue semestrielle du MAUSS. Pour eux, les causes profondes de l’incapacité croissante des modèles économiques, pourtant de plus en plus sophistiqués, à rendre compte du réel, sont à rechercher dans la séparation qu’ils opèrent entre l’économique et le social. Et ils montrent qu’il est possible de construire une nouvelle discipline, la « socioéconomie », au carrefour de la sociologie, de l’anthropologie et de l’économie. Déjà très développée aux États-Unis, mais mal connue en France, cette discipline ouvre des voies prometteuses, qu’explorent ici les auteurs, pour lutter efficacement contre les effets dévastateurs du sous-emploi et de la mondialisation.
     Un ouvrage important, qui intéressera aussi bien les praticiens que les chercheurs et enseignants en sciences économiques insatisfaits des théories aujourd’hui dominantes.

AVEC LES CONTRIBUTIONS DE : Gérald Berthoud, Hubert Brochier, Alain Caillé, Pascal Combemale, Chantal Euzéby, François Fourquet, Rauf Gönenç, Mark Granovetter, Bernard Guerrien, Ahmet Insel, Paul Jorion, Robert E. Lane, Jean-Louis Laville, François Nemo, Philippe Rospabé, Richard Swedberg, Hélène Zadjela.

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Cheminements politiques
Revue du MAUSS semestrielle n° 2, 2e semestre 1993, 254 p., 115 F,
Version papier : 17,53 euros
Version numérique (e-book au format PDF) : 10 euros

     Les idéologies politiques sont facilement anti-utilitaristes. Ce qui ne les rend pas pour autant recommandables lorsqu’elles prônent ou imposent des dévouements et des sacrifices suspects. On s’interroge ici sur les contours possibles d’un anti-utilitarisme politique qui ne serait pas idéologique. Qui ne prétendrait pas parler au nom de l’au-delà ou du point de vue d’un passé ou d’un avenir radicalement autres. Un anti-utilitarisme qui se bornerait à évaluer les possibilités de paix que recèle la lutte des hommes ici et maintenant.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : Gerald Berthoud, Alain Caillé, Philippe Chanial, Jean-Louis Cherlonneix, Mark S. Cladis, Pascal Combemale, Bernard Cova, Chantal Euzéby, Carlo Gambescia, Jean-Pierre Girard, Aldo Haesler, Ahmet Insel, Robert E. Lane, Serge Latouche, Claude Lefort, Jérôme Maucourant, Chantal Mouffe, Jean-Louis Prat, Henri Raynal, Philippe Rospabé..

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Ce que donner veut dire
don et intérêt
Revue du MAUSS semestrielle n° 1, 1er semestre 1993, 274 p., 175 F, 26,68 euros
,
Version numérique (e-book au format PDF) : 10 euros

     Comme les hommes de toutes les époques et de toutes les cultures, nous aimons nous croire généreux : c’est, en définitive, de notre capacité à donner que nous tirons notre fierté. Mais nous ne savons pas, ou plus, ce que donner veut dire. Pour le sens commun, les pratiques de don sont des à-côtés de la vie : elles n’ont pas l’importance des choses vraiment sérieuses que sont la famille, le travail ou la santé. Pour les sciences sociales, le don est mensonger : derrière lui se cacherait l’intérêt égoïste. Pour la philosophie et la religion, le don relève de la grâce : c’est un geste pur, éthéré, sans auteur ni récepteur.
     Et pourtant — c’est ce que montre ce livre — le don est bien plus que tout cela, et il joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des sociétés, y compris les plus modernes. D’où l’intérêt des contributions réunies ici, qui constituent une synthèse des recherches les plus récentes sur le sujet menées en anthropologie, en philosophie, en sociologie et en économie. Leur fil conducteur : dans les sociétés archaïques, don et contre-don formaient un système social global, tout entier commandé par l’obligation de donner la vie, la mort et les paroles, et dans les sociétés modernes, les pratiques de don et leurs représentations doivent être comprises comme des fragments de ce système originel. Ce détour anthropologique permet de jeter un regard neuf sur la modernité, en explorant sa face cachée, le don.

AVEC DES CONTRIBUTIONS DE : Gérald Berthoud, Alain Caillé, Johanne Charbonneau, Laurent Cordonnier, Jacques Dewitte, Jacques T. Godbout, Aldo Haesler, Ahmet Insel, Raymond Jamous, Serge Latouche, Philippe Rospabé, Camille Tarot, Denis Vidal.

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  Bibliothèque du MAUSS
 
Les titres actuellement disponibles en version numérique ne représentent qu'une partie des ouvrages publiés par le MAUSS, dont on trouvera la liste complète ici.

Association, démocratie et société civile
Jean-Louis Laville, Alain Caillé, Philippe Chanial, Éric Dacheux, Bernard Eme, Serge Latouche, mai 2001, 224 p., 125 F, 19,06 euros
Version numérique (PDF) : 10 euros
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ISBN 2-7071-3500-3

     La réunion de Porto Alegre (l’anti-Davos), en janvier 2001, a été considérée par beaucoup d’observateurs comme l’acte de baptême d’une société civile internationale. Fondée sur le foisonnement de myriades d’associations de tous pays et de toutes cultures, elle seule serait à même de réparer ou de limiter les dégâts du marché d’une part, et de desserrer l’emprise des États autoritaires ou dictatoriaux de l’autre.
     Ces espoirs sont légitimes. Aucune démocratie ne saurait rester ou devenir vivante sans qu’y prolifèrent des associations en tous genres. Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres ! Les associations ne sont pas nécessairement et toujours aussi démocratiques qu’elles le proclament. Et ont-elles même une raison d’être véritable et spécifique ? Les entreprises ou les administrations ne sont-elles pas souvent plus aptes et mieux habilitées qu’elles à fournir les services qu’elles prétendent offrir ? Il faut faire toute leur part à ces doutes et à ces critiques de l’association. Mais ne pas non plus s’y complaire, car l’idéal de la société civile associationniste mérite d’être pris au sérieux.
     Écrit à plusieurs voix par des analystes reconnus du fait associatif, ce livre est le lieu d’un débat particulièrement ouvert qui entend se tenir aussi éloigné de l’angélisme que du cynisme. Sur ces questions essentielles, où se joue l’avenir de l’aspiration démocratique, cent ans après l’adoption de la loi de 1901, il permet de faire la part du souhaitable, du possible et de l’effectif.

Les auteurs,universitaires et chercheurs au CNRS, ont écrit de nombreux articles et ouvrages sur la question associative. Le présent livre prolonge et approfondit les réflexions menées notamment dans Sociologie de l’association (J.L. Laville et R. Sainsaulieu, 1997, Desclée de Brouwer) et Une seule solution, l’association ? (La Revue du MAUSS semestrielle n° 11, 1998, La Découverte/MAUSS)

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Lien social et intérêts matériels
dans les processus d'action collective
Eric Sabourin et Martine Antona (dir.)

Actes de l'atelier « Action collective » du CIRAD (Montpellier 2004)
, 220 p., 10 euros
Version numérique (PDF) : 10 euros
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ISBN 2-914819-07-2

    Cet ouvrage examine les relations entre les formes du lien social et les intérêts matériels dans la genèse ou le déroulement des processus d'action collective. Cette question, posée lors du séminaire permanent « Action collective et développement rural » organisé en 2003 par le CIRAD, a fait l'objet d'un atelier spécifique en juin 2004 à Montpellier dont les travaux sont réunis dans cette édition.
     Les contributions issues des travaux des chercheurs du CIRAD dans les pays du Sud y sont associées à celles des collègues du MAUSS, de l'INRA et de l'EHESS, tous engagés dans une réflexion sur le don, la réciprocité ou l'encastrement de l'économique dans le social.
     La première partie de l'ouvrage propose trois approches théoriques de la relation entre valeurs sociales ou éthiques et valeurs matérielles, dans la genèse et le fonctionnement de processus d'action collective en situations de développement rural. E. Sabourin confronte la notion d'action collective aux propositions des théories du don et de la réciprocité. Sylvain Dzimira compare les approches hétérodoxes – conventionnaliste et régulationiste –, auxquelles il oppose le paradigme du don. Denis Barthélémy et ses collègues proposent de revisiter le notion de l'encastrement de l'économique dans le social, pour traiter des transactions non marchandes ou patrimoniales en agriculture.
     Le thème est illustré par quatre études de terrain : Jacques Marzin et Moussa Tassembedo analysent le choc entre la logique matérielle et la logique sociale du crédit rural au Burkina Faso. Nicolas Ellison questionne la relation entre action collective et lien social dans le cas des communautés Totonaque du Mexique. Eric Penot analyse la confrontation entre logiques économiques d'échange capitaliste et de réciprocité chez les riziculteurs Balantes de Guinée-Bissau. Hamid Mokaddem examine les tensions entre identité et intérêts matériels dans l'action politique en Nouvelle-Calédonie. Fabrice Dreyfus signe une synthèse de ces travaux avec plusieurs commentaires et questions d'ordre méthodologique.

Contributions de : E. Sabourin, S. Dzimira, D. Barthélémy, M. Nieddu, F.-D. Vivien, J. Marzin, M. Tassembedo, N. Ellison, E. Penot, H. Mokaddem, F. Dreyfus.

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Le don, la dette et l’identité
Homo donator vs. Homo œconomicus
Jacques T. GODBOUT, 192 p., 125 F, 28,20 euros
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ISBN 2-7071-3352-3

     Dans L’Esprit du don, Jacques T. Godbout montrait que le don occupe encore une place de première importance dans nos sociétés, à côté du marché et de l’État. Dans ce nouvel ouvrage, il généralise son propos : le don est ce mode de circulation des biens et services propre aux réseaux et où n’intervient pas la séparation entre un public et des professionnels. Dans la famille ou dans la société, le monde des réseaux fonctionne au don et à la dette, et non pas à l’équivalence (comme dans le marché) ou à l’égalité (comme dans l’État). Quand les réseaux fonctionnent bien, cette dette est positive : elle n’engendre pas angoisse et aliénation, mais confiance et désir de loyauté. Le don apparaît ainsi indissociable du sens : c’est l’intention qui compte et c’est le sens qui fait le don. Enfin, c’est à travers la relation de dette (positive ou négative), de don et de contre-don, que se forment ou se déforment les identités.
     Nourri par de nombreuses recherches empiriques, ce livre propose ainsi un véritable paradigme alternatif à celui de la science économique et de la sociologie utilitariste. Au lieu de postuler que nous serions tous des homo œconomicus, qui ne songent qu’à prendre et à garder, il risque l’hypothèse inverse : ne serions-nous pas plutôt du genre Homo donator, davantage motivés en fait à donner qu’à recevoir ?
     Sans aucune pose théoriciste, modestement et avec rigueur, Le don, la dette et l’identité prend à contre-pied un grand nombre d’idées reçues dans les sciences sociales.

Jacques T. GODBOUT, professeur-chercheur à l’Institut national de la recherche scientifique (Université du Québec), est l’auteur de La participation contre la démocratie (Saint-Martin), La démocratie des usagers (Boréal) et, en collaboration avec Alain Caillé, de L’Esprit du don (La Découverte/Boréal). Considéré comme un des meilleurs spécialistes mondiaux de la sociologie du don, J. T. Godbout est membre du comité de rédaction de La Revue du MAUSS.

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  Bibliothèque du MAUSS numérique
 
Avec son ouvrage Don, mana et salut religieux, Park Jung Ho inaugure la nouvelle Bibliothèque du MAUSS numérique, destinée à publier sous forme numérique, et donc à prix modique, les livres qu'elle juge mériter une publication et une diffusion classique, mais dont on peut craindre qu'une version papier ne trouve pas un public suffisant dans les conditions actuelles du marché de l'édition..

Don, mana et salut religieux
Durkheim, Mauss, Weber
PARK JUNG HO

Collection « Bibliothèque du MAUSS numérique » (fichier PDF) : 260 p., 10 euros Acheter maintenant*
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ISBN 2-914819-08-0

      La raison première du piétinement de la sociologie des religions (si ce n’est pas de la sociologie tout court), est sans doute que ses deux principaux auteurs de référence, Durkheim et Weber, ont adopté des stratégies théoriques totalement différentes – l’un cherchant l’origine et l’essence du religieux sans se donner les moyens de penser ses transformations historiques, l’autre analysant son infinie variabilité sans se soucier de préciser en quoi il consiste – entre lesquelles on ne perçoit guère les liens. Ou encore, Durkheim s’est intéressé à la religion première, Weber aux grandes religions analysées comme des religions de salut. Quoi de commun entre elles ? Le don, répond Park Jung Ho. Religions premières et religions de salut représentent deux régimes différents du donner-recevoir-rendre, l’un largement immanent, l’autre transcendantalisé.
     Et c’est là que Mauss entre en lice comme médiateur possible, et en fait indispensable entre Durkheim et Weber. Dans le monde archaïque, montrait-il, c’est un déséquilibre survenu dans la circulation du mana qui produit les états néfastes. À charge pour le magicien d’y remédier. Avec l’apparition des grandes religions de salut, c’est à un intermédiaire religieux professionnel doté de charisme du fait de ses relations privilégiées avec une instance dispensatrice de mana transcendante, à gestionnaire de la grâce (cet équivalent sotériologique du hau) qu’il appartiendra de répondre à la survenue du malheur en rétablissant les perspectives et les moyens du salut.
     En suivant ce fil, Park Jung Ho nous donne la clé de l’articulation entre les deux grandes modalités du religieux, entre Durkheim et Weber. Elle permet de reformuler la typologie wébérienne en distinguant, selon leur rapport à la source du mana transcendant, quatre grands types de personnages religieux propres aux religions de salut : 1°) le mystique hors du monde centré sur son propre salut ; 2°) le mystique hors du monde tourné vers autrui ; 3°) l’ascète hors du monde, qui coupe toute relation avec les hommes ; 4°) l’ascète intramondain, qui valorise religieusement le don conditionnel et dont le calviniste est le prototype.
     N’est-ce pas dans le sillage de cette maussisation de Durkheim et de Weber que la sociologie des religions a des chances de trouver son salut ?.

Park Jung Ho, docteur en sociologie de l'université Paris Ouest La Défense-Nanterre, est chercheur à l'Institut des sciences sociales de l'université Sogang (Corée du Sud). Ses recherches portent sur la sociologie de la religion et de la culture.

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Contact : Dominique Dudouble. Remerciements à Charlie "html guru" Babbitt,
ainsi qu'à
Michel, Mousse et Amélie pour le béta-testing.
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